Shot Caller, Ric Roman Waugh : ce que la prison fait de vous


Shot Caller – Résumé

Jacob mène une vie heureuse avec son fils Joshua et sa femme Kate… jusqu’à cette soirée un peu trop arrosée. En raccompagnant un couple d’amis chez eux, il grille un feu rouge et tue accidentellement l’un des occupants du véhicule, son ami Tom.

Jacob, jusqu’ici sans histoires, se retrouve en prison, objet d’un double chef d’accusation pour homicide involontaire et conduite en état d’ivresse. Il découvre vite que pour survivre à l’univers carcéral, il va devoir développer des stratégies… pas toujours conformes à ce que la morale lui a enseigné.


RéalisateurRic Roman Waugh.
Durée du film minutes.
Note – ★★★☆☆
Shot Caller, Ric Roman Waugh

Shot Caller, Ric Roman Waugh – Critique

Que se passe-t-il quand on est une personne ordinaire et que l’on se retrouve subitement plongé dans l’univers carcéral ? Ce thème, exploré par de nombreux films, est au cœur de Shot Caller de Ric Roman Waugh.

Jacob (Nikolaj Coster-Waldau) est un homme heureux. Il a un fils, Joshua, une compagne, Katherine (Lake Bell), un emploi, des amis… Il suffit pourtant d’une fraction de seconde et d’une mauvaise décision pour que sa vie bascule. Ce soir-là, Jacob a dîné au restaurant. Et ce soir-là, il s’est laissé convaincre de commander une deuxième bouteille de vin. Puis il a pris le volant.

Comme beaucoup de gens, il se sentait capable de conduire, surtout pour effectuer un trajet familier et raccompagner ses amis. Mais il y a eu un feu rouge, que Jacob n’a pas vu… et un accident. Quand il s’est retourné, son ami Tom (Max Greenfield) était mort. Et Jacob s’est retrouvé dans l’engrenage judiciaire.

Nikolaj Coster-Waldau dans Shot Caller
Nikolaj Coster-Waldau dans Shot Caller

Nikolaj Coster-Waldau porte en lui une capacité instinctive à mettre en avant deux aspects de l’homme : sa fragilité et sa dureté. C’est un aspect qui m’avait marquée en le voyant interpréter Jaime Lannister dans la série Game Of Thrones. Shot Caller lui donne l’opportunité de jouer sur les deux tableaux. Car Jacob n’est pas envoyé n’importe où… comme on le prévient avant son incarcération :

« Ecoute, Jacob, je sais que tu as peur. Moi aussi, j’aurais peur. Mais tu dois savoir que tous ceux qui sont condamnés pour crimes violents, que ce soit un meurtre ou des violences conjugales, vont dans la même prison. Ça veut dire que tu vas être avec des durs. Et ils vont te tester, que tu le veuilles ou non. Tu vas donc devoir t’affirmer ».

La nuit-même de son arrivée, Jacob est témoin d’un viol sur l’un des nouveaux prisonniers… et il comprend qu’ici, les règles qui s’appliquaient à l’extérieur n’ont plus aucune valeur. Avant d’envisager de sortir de prison, il va devoir survivre à la prison. Survivre est impossible quand on est seul. Et impossible quand on ne veut pas se salir les mains.

Alors, peu à peu, Jacob devient « Money »… une autre version de lui-même qui l’oblige à gommer sa sensibilité. Mais est-ce vraiment possible ?

Money - Nikolaj Coster-Waldau dans Shot Caller
Money – Nikolaj Coster-Waldau dans Shot Caller

Le scénario de Shot Caller ne brille pas par son originalité. Une prison et ses combines, des gardes corrompus, de la violence, un « petit Blanc propre sur lui » obligé de devenir un gangster pour s’en sortir, des clans racisés avec des suprémacistes blancs qui mènent la danse…

Cependant, on se laisse emporter par le destin tragique de Jacob… avec l’impression qu’il est en train de saborder peu à peu sa propre existence sous nos yeux impuissants. Est-ce la culpabilité, est-ce le sentiment que quitte à gâcher sa vie, autant le faire jusqu’au bout ?

Toujours est-il que Jacob se sent obligé de laisser derrière lui son passé… pour sa famille ou à cause de sa famille. Parce qu’il veut les protéger, tout en essayant de se convaincre qu’ils doivent l’oublier pour continuer à vivre.

Shot Caller, Ric Roman Waugh, avec Nikolaj Coster-Waldau
Shot Caller, Ric Roman Waugh, avec Nikolaj Coster-Waldau

Ric Roman Waugh nous emprisonne avec lui. Plans rapprochés, répétition soigneusement orchestrée de ces scènes où les prisonniers entrent en cellule, retirent les menottes, sortent en promenade… Sans oublier le caractère abrutissant des cellules vides et des journées creuses.

A mes yeux, ce n’est pas un grand film, car il exploite sans réelle innovation des dimensions déjà présentes dans de nombreux films. Il y a à des faiblesses dans l’écriture, avec trop de dialogues « insipides » qui noient ce qui est réellement important. Parfois, je trouve qu’il est préférable de suggérer les choses que de « tout » faire dire aux personnages.

Néanmoins, la réalisation est plutôt honnête et permet de passer un bon moment !


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