L’aile des vierges, Laurence Peyrin : les combats d’une femme de caractère


L’aile des vierges – Résumé

Maggie Fuller a été bercée par les idées novatrices d’une mère sage-femme féministe et d’une grand-mère suffragette – qui s’est battue pour le droit de vote des femmes. Mais en ce jour d’avril 1946, en remontant l’allée qui mène à Sheperd House, elle a le sentiment de mettre ses valeurs entre parenthèses.

Veuve à un âge précoce, elle n’a d’autre choix que de renoncer à son rêve de devenir médecin pour entrer au service d’une famille richissime et influente du Kent, en Angleterre, les Lyon-Thorpe. Femme de chambre, un destin bien décevant par rapport à celui dans lequel elle se projetait.

Pourtant, ce coup du sort marque pour Maggie le début d’un formidable parcours de libre penseuse


Auteur.
Taille du livre468 pages.
Note – ★★★★☆

L'aile des vierges, Laurence Peyrin

L’aile des vierges – Avis sur le livre

Le roman de Laurence Peyrin, L’aile des vierges, paru chez Calmann-Lévy, est une ode aux femmes modernes, à celles qui savent faire avancer leur époque par leur engagement, leur caractère, leur détermination. Il insuffle une énergie très positive.

Mon libraire le recommandait chaudement, invitant les lecteurs à ne pas se fier à une couverture évoquant un roman à l’eau de rose désuet… et s’il est question d’une passion dans le livre, force est de reconnaître qu’elle n’est en rien une niaiserie mal écrite !

L’aile des vierges raconte l’histoire de Maggie Fuller. La jeune femme a été éduquée par une mère et une grand-mère féministes, qui se sont battues, chacune à leur échelle, pour les droits des femmes. Le droit de vote dans un cas, le droit à disposer librement de son corps dans l’autre. Inévitablement, Maggie elle-même s’est nourrie de leur vision du monde, de leur caractère libre et affirmé.

Pourtant, il y a en Maggie des cassures… à commencer par celle de son mariage. Will Fuller, son époux, a été victime d’un accident qui l’a laissé lourdement handicapé, aigri, agressif avec elle.

Laurence Peyrin exprime ce que, souvent, l’entourage des femmes maltraitées ne comprend pas : il n’est pas si facile d’échapper à une relation toxique lorsqu’elle s’est installée subrepticement…

« Un homme ne se change pas en monstre d’un coup. On accepte ses petits changements, les uns après les autres. Ce n’est qu’au bout d’un moment qu’on fait le total ».

Maggie a accompagné Will jusqu’au bout, renonçant à son rêve de devenir médecin pour prendre soin de lui… Son veuvage précoce la pousse, par nécessité, à accepter une proposition qui heurte profondément ses valeurs : un poste de femme de chambre dans une famille aisée, les Lyon-Thorpe.

Domestique, un état qui implique de l’abnégation voire de la soumission, en particulier quand on a pour patronne une femme qui aime tout contrôler, surnommée « Pippa-ma-chère » par ses employés car c’est ainsi que l’on s’interpelle dans ce monde favorisé. C’est si contraire à la liberté à laquelle aspire Maggie Fuller que l’on se demande comment elle va supporter son statut.

Pourtant, elle puise en elle des ressources inattendues pour se faire une place, unique et inhabituelle, au sein de la maison des Lyon-Thorpe. Au sein de « L’aile des vierges », surnom donné aux appartements des domestiques et qui traduit bien le renoncement qu’implique ce statut…

L'aile des vierges, Laurence Peyrin
L’aile des vierges, Laurence Peyrin

Dans la demeure, elle croise des personnalités touchantes : la petite Kitty, aux grands rêves romantiques ; Sir Albert, vieil homme déboussolé dont le cœur cache une perle ; Baptiste, domestique solide et fiable ; John Lyon-Thorpe, qui semble bien moins à l’aise que son épouse avec le faste de sa vie privilégiée.

« Les journées étaient réglées comme du papier à musique, Maggie commençait à connaître la partition. Dès 7 heures, le ballet des domestiques s’élançait à corps languissants dans une chorégraphie que chacun aurait pu suivre les yeux fermés.

On ouvrait les rideaux dans un grand vent d’herbes humides, le parfum des rosiers anciens grimpait jusqu’aux solives du deuxième étage, où se trouvait la chambre de Lady Philippa – le deuxième étage pour Madame, le troisième pour Monsieur, ainsi en allait-il de la vie maritale des Lyon-Thorpe qu’elle n’avait encore jamais vus ensemble ».

On se laisse vite emporter par les secrets et les habitudes qui donnent du caractère à cette maison très britannique… Une écriture fluide, souvent teintée de l’humour piquant et fin de Maggie Fuller.

Elle parvient d’ailleurs, dans un environnement qui aurait pu l’étouffer, à faire émerger une forme de liberté inattendue… qui va marquer le début d’un parcours exceptionnel. On se laisse emporter à ses côtés dans une vie où chaque ambition se fait l’écho d’un sacrifice, rappel subtil que dans la vie, rien n’arrive sans obstacles.

Maggie force le respect, donne envie de se battre pour ses rêves et ses idéaux, quels qu’ils soient… Elle rappelle aussi qu’il ne faut jamais se sacrifier pour les rêves des autres, même si c’est parfois difficile.

Et qu’une large part du bonheur passe pourtant par les autres : en les aidant, en les nourrissant de nos valeurs et de nos atouts dans un échange qui fortifie tout le monde.

L’aile des vierges, ce sont ces leçons de vie très actuelles, un souffle de force mentale pour aller plus loin dans son propre chemin !


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