Amoureuses, Frédéric Baptiste : amours défendues


Amoureuses – Résumé

Enceinte suite à un viol conjugal dans les années 1930, Claire se sent incapable de garder l’enfant, d’autant qu’elle a appris l’infidélité de son mari, un riche industriel.

A l’insu de celui-ci, elle se rend dans un village de campagne chez une « faiseuse d’anges », Marthe, dans l’espoir que celle-ci la libère du poids de cette grossesse non désirée. Mais l’entrevue ne se déroule pas comme prévu et Claire se retrouve contrainte à vivre sa grossesse en cachette, prétextant auprès de sa famille qu’elle est tuberculeuse pour disparaître durant quelques mois.

Peu à peu, une attirance émerge entre les deux femmes…


Auteur.
Taille du livre256 pages.
Note – ★★★☆☆

Amoureuses, Frédéric Baptiste

Une romance en forme de révélation

Le roman Amoureuses est présenté par Frédéric Baptiste comme une histoire vraie, inspirée de celle de son arrière-grand-mère. Une belle romance entre deux femmes issues de deux milieux différents, à une époque où l’homosexualité se vivait cachée, dans la France des années 1930.

La première d’entre elles, Claire, a épousé un riche industriel, René, dont elle a eu une petite fille, Charlotte. Elle vit dans un grand confort mais il ne suffit pas à compenser le vide intérieur qu’elle éprouve, prisonnière d’un milieu où les femmes ne sont qu’épouses et mères, avec un libre arbitre réduit comme peau de chagrin et un mari volage dont elle assiste, impuissante, aux infidélités.

Et puis, un jour, survient le fait de trop, un viol conjugal suite auquel Claire se retrouve enceinte. Ne souhaitant pas garder l’enfant, elle obtient le soutien de son frère pour aller, à l’insu de son mari, chez Marthe, une « faiseuse d’anges », ces femmes qui pratiquaient des avortements clandestins.

Mais une fois sur place, l’issue n’est pas celle que Claire attendait… et elle doit se résoudre à s’installer au domicile de Marthe en attendant l’accouchement. Celle-ci vit dans un petit village de campagne. Épouse du cafetier, elle est connue pour ses dons de rebouteuse qui poussent de nombreux habitants à venir la trouver pour résoudre leurs petits et grands maux.

Peu à peu, presque sans qu’elles s’en aperçoivent, une complicité puis une attirance se développe entre Marthe et Claire.

Cette histoire, c’est bien sûr une romance entre deux femmes qui ont eu des parcours différents sans pour autant tomber dans la caricature, l’opposition drastique entre ville et campagne, riche et modeste. C’est aussi la quête d’une identité et d’une forme de « vérité » par rapport à soi-même : pour Marthe, qui a épousé un homme dans des circonstances particulières, il s’agit de renouer avec une attirance pour les femmes que la vie lui a fait gommer ; pour Claire, il s’agit d’un cheminement à la rencontre d’elle-même, dans un désir d’exister par elle-même et pour elle-même, loin d’un milieu où l’on pensait un peu trop à sa place.

L’homosexualité n’est finalement pas à mes yeux le sujet central du roman de Frédéric Baptiste. Elle est présente, n’est pas ouvertement condamnée par la société telle qu’elle est racontée mais est de ces situations que l’on vit caché, dans l’intimité de son foyer. Amoureuses est davantage le récit de ces décisions que l’on prend parfois pour les autres plus que pour soi… jusqu’au moment où l’on réalise qu’un peu d’égoïsme peut être salutaire.

Pour Marthe, c’est ce mariage vécu dans la tendresse mais sans passion, jusqu’au jour où elle prend conscience qu’elle pourrait vivre autre chose. Pour Claire, le refus d’accepter la passivité dans une situation qui lui est devenue intolérable.

Le roman de Frédéric Baptiste est, à n’en pas douter, plein de sensibilité et d’émotion. On s’immerge dans cette campagne normande vieille de près d’un siècle, à l’aube d’une guerre qui va envoyer les hommes au front et troubler la quiétude des villages. On plonge dans l’histoire de ces couples que les années abîment, non sans émotion.

Une jolie histoire, « simple », qui ne s’embarrasse pas de complexité ou de grandes réflexions féministes. Les portraits sont parfois brossés de manière un peu trop rapide ou caricaturale à mon goût, comme celui de Robert, jeune homme du village qui se découvre transi d’amour au point d’en perdre la raison. Néanmoins, on passe un moment plaisant en compagnie de ces Amoureuses.


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