Construire un feu, Jack London | Recueil de nouvelles | Avis et résumé

Construire un feu, Jack London : petit homme face à grande nature



Construire un feu – Résumé

« Construire un feu » est à la fois le nom d’une nouvelle et celle d’un recueil de nouvelles écrites par Jack London.

7 récits, qui se déroulent dans un Grand Nord glacé et hostile pour l’homme, où il faut lutter contre les éléments et parfois contre les autres afin d’espérer survivre…


Auteur.
Taille du livre176 pages.
Note – ★★★★☆

Construire un feu, Jack London

Construire un feu – Avis sur le livre

La vie de Jack London a été, en elle-même, assez fascinante. Né à San Francisco en 1876, il a vécu mille vies en une, enchaînant des petits boulots tous plus variés les uns que les autres : il a ainsi été chasseur de phoques, chercheur d’or près du Klondike, rivière canadienne dont il est question dans le recueil de nouvelles, ou encore correspondant de guerre pour le San Francisco Examiner.

C’est son expérience de la ruée vers l’or dans le Grand Nord canadien qui a probablement le plus marqué son oeuvre, notamment avec les livres L’Appel de la Forêt et Croc-Blanc. Et c’est aussi cette expérience qui nourrit largement le décor du recueil de nouvelles « Construire un feu » (notez qu’à l’origine, il a été publié en 1910 sous le titre « La Face perdue », qui est le nom d’une autre nouvelle).

La nouvelle qui donne son titre au recueil a été écrite en 1902 dans une première version, puis réécrite en 1908. Elle symbolise à elle seule cette vision d’une nature hostile, glacée, où l’homme est malmené par les éléments, renvoyant une puissante impression de solitude :

« L’aube, ce jour-là, était froide et grise, très grise et très froide, lorsque l’homme quittant le large tracé que dessinait le Yukon gelé, gravit le haut coteau qui s’élevait sur une des rives du fleuve et où se dessinait confusément une piste étroite, qui s’en allait vers l’est, à travers l’épaisse futaie des sapins ».

Dans ce récit, un homme s’enfonce jusqu’à la moitié des mollets dans un trou d’eau dissimulé sous la neige. Ce qui aurait pu être un incident sans gravité devient une lutte pour la survie car à -75°C, le corps gèle à une vitesse inouïe et le seul espoir de survie est de réussir à faire un feu : mais comment y parvenir quand, dès l’instant où l’on retire ses moufles, les doigts sont saisis par le froid glacial au point qu’il devient difficile de craquer une allumette ?

Construire un feu, Jack London
Construire un feu, Jack London

Les autres histoires du recueil de nouvelles s’inscrivent dans le même esprit, mettant en scène des hommes et des femmes malmenés par leur environnement :

  • La Face Perdue – Subienkow a gagné l’Amérique du Nord au prix d’un terrible périple depuis la Pologne… Tombé au main de tortionnaires, il décide de monter un stratagème pour échapper à de barbares tortures.
  • Une mission de confiance – Fred Churchill se voit confier la responsabilité de porter un sac, qui semble précieux, à un dénommé Louis Boddell. Homme de parole, Churchill se retrouve dans une situation délicate et le sac devient un fardeau susceptible de lui coûter la vie. Entre sens du devoir et nécessité de vivre, comment faire les bons choix ?
  • Ce « Spot » – Un voyageur achète un chien, qui semble doté d’un esprit malfaisant. A chaque fois qu’il tente de s’en débarrasser, le chien revient, même dans les conditions les plus extrêmes, comme peut l’être le fait d’être emporté par les glaces dans un fleuve gonflé par la fonte des neiges.
  • Braise d’Or – Braise d’Or, femme aussi magnifique que volage, a fait tourner la tête de Dave, l’homme fort de la région… mais elle l’a trompé. Depuis, plus rien n’a été pareil.
  • Comment disparut O’Brien – Un jour, un homme a brutalement disparu de son village au terme d’une nuit arrosée, alors qu’il venait de découvrir un filon d’or. Est-il mort quelque part dans les étendues blanches de l’hiver ou a-t-il connu un autre destin ?
  • L’esprit de Porportuk – El-Sou, jeune indienne, revient vivre aux côtés de son vieux père malade et le découvre lourdement endetté. Son créancier, le vieux Porportuk, a une idée très claire quant à la manière d’éponger la dette : il veut qu’on lui vende El-Sou. Mais si la jeune fille est pauvre, elle est loin d’être idiote…

Les 7 nouvelles de ce recueil se parcourent aisément et l’on se laisse emporter dans cet univers si bien décrit qu’il nous dépayse… Au-delà de la nature, les hommes aussi nous paraissent difficiles, aussi rudes que leur quotidien. Leur comportement semble ne souffrir aucun détour : leur vie est trop exposée pour qu’ils se permettent des coquetteries, des tergiversations, des hésitations. Il faut agir, poser un pied devant l’autre, et il y a là-dedans quelque chose d’à la fois simple et terrible.

En tout cas, si vous ne connaissez pas cet auteur, c’est un bon moyen de découvrir l’oeuvre de Jack London via des histoires courtes, avant peut-être de se plonger dans l’un de ses grands romans ?


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