Ecole pour filles, Ariane Lessard : dans le huis clos d’un pensionnat


Ecole pour filles – Résumé

Un pensionnat, noyé au milieu d’une forêt. 21 jeunes filles âgées d’une dizaine à une vingtaine d’années, encadrées par 6 femmes. Où le quotidien mêle vie en collectivité et isolement.

Ecole pour filles plonge dans leur vécu, au fil des saisons, depuis l’automne où le pensionnat se prépare peu à peu à l’arrivée du froid jusqu’à l’été, synonyme pour certaines d’un retour au foyer…


Auteur.
Taille du livre144 pages.
Note – ★☆☆☆☆

Ecole pour filles, Ariane Lessard

Ecole pour filles d’Ariane Lessard, un roman déconcertant

Le roman d’Ariane Lessard m’a déçue, bien que sa plume possède un certain charme. Elle sait sans nul doute capturer un univers, celui d’un pensionnat paraissant isolé de tout. Ce qui s’y passe a la douce et inquiétante saveur du huis clos, a fortiori quand l’hiver vient napper le décor d’une épaisse couche de neige.

Dans ses murs, 21 jeunes filles réparties en deux groupes, les petites de 10 à 15 ans et les grandes de 16 à 20, placées sous la responsabilité de 6 adultes (5 quand la directrice fuit l’hiver !). De Dame Françoise, dans les cuisines, à Dame Angoisse, la concierge au nom évocateur, en passant par Dame Anne, Dame Gabrielle ou encore Dame Dominique, toutes semblent avoir leur partition à jouer.

De chapitre en chapitre, plusieurs pensionnaires partagent leurs pensées avec les mots qui sont les leurs, parfois simples, parfois profonds, parfois abondants, parfois rares, souvent décousus. L’année s’écoule, chaque saison apportant ses changements de décor et d’ambiance au sein du pensionnat, chaque jeune fille vivant des événements qui prennent parfois des airs initiatiques.

L’éveil de la sexualité, la puberté, la mort qui rôde et attrape parfois un humain au passage, la cruauté physique et celle, plus subtile, des paroles et du rejet…

« Je ne sais pas comment créer ma propre empreinte. Je ne sais pas comment être au jour. Comment me mettre au jour. Je ne sais pas si les autres savent comment faire non plus. Peut-être qu’au fond je ne fais que répéter ce que tout le monde pense derrière ses paupières. Peut-être que je suis jeune et qu’en vieillissant je vais trouver des réponses aux énigmes. Mais bien franchement, je ne pense pas » (Ariandre, l’une des pensionnaires).

Il y a beaucoup de choses dans ce roman mais il m’a manqué une « histoire ». J’ai eu l’impression de lire une collection de pensées de jeunes filles, avec pour seul fil conducteur un lieu que l’on découvre par bribes et une forêt qui semble tour à tour apaisante et effrayante. Beaucoup de choses sont suggérées sans être explicitement évoquées et à force d’implicite, on se distancie un peu trop des personnages.

Leur récit sans liaison est un peu maigre pour répondre à toutes les questions que l’on se pose : qui sont ces pensionnaires ? Que font-elles dans ce lieu isolé ? Que va-t-il advenir d’elle ensuite ?

Le roman Ecole pour filles ressemble presque à un exercice de style, où l’auteur prend simplement plaisir à manier la plume, à capturer comme une esquisse quelques traits de ses personnages, à s’immerger dans leur esprit, laissant au lecteur le soin de dessiner le reste.

Pas inintéressant, mais il a manqué pour moi un « je-ne-sais-quoi » pour lier le tout de manière un peu plus puissante !


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