L'empreinte écologique du marché de l'art : une préoccupation naissante

L’empreinte écologique du marché de l’art : une préoccupation naissante



Aujourd’hui, de plus en plus de voix s’élèvent dans de nombreux secteurs pour attirer l’attention sur des problématiques écologiques, au point qu’il est désormais difficile pour les professionnels de s’affranchir de cette dimension lorsqu’ils cherchent à communiquer. On se préoccupe ainsi des conditions de production des vêtements et des matières premières qui les composent dans le secteur de la mode, on se questionne sur l’empreinte carbone des vols dans le secteur du tourisme…

Il y a toutefois un univers qui semblait, encore récemment, échapper à ces débats : le marché de l’art. Parce qu’il touche à une dimension créative, parce qu’il effleure nos émotions les plus intimes, l’art était souvent protégé des discussions relatives à son impact environnemental.

À quoi fait-on référence exactement lorsque l’on parle de l’empreinte écologique du marché de l’art ? En quoi l’art peut-il être polluant et comment s’affranchir de ce problème, par exemple en misant sur le concept d’une galerie d’art en ligne ? A l’heure où nous devons tous prendre conscience de l’importance de préserver la planète, il paraît important d’ouvrir le débat.

L'empreinte écologique du marché de l'art, un sujet jeune
L’empreinte écologique du marché de l’art, un sujet jeune

Que signifie la notion d’empreinte écologique ?

La notion d’empreinte écologique repose sur l’idée latente qu’il est possible de mesurer l’impact humain sur l’environnement. Il s’agit d’un indicateur qui compare les ressources naturelles à disposition à celles que l’homme consomme.

Empreinte écologique et marché de l’art

Vous allez peut-être me dire : quel rapport avec le marché de l’art ? Il s’avère que de nombreuses formes d’art exercent une pression forte sur l’environnement.

Parfois, c’est parce que les œuvres elles-mêmes ou les installations dans lesquelles elles sont mises en scène exploitent des matériaux polluants pour l’environnement. On peut ainsi citer l’exemple de l’acrylique, dont les émissions polluantes sont parfois importantes malgré son image de « peinture à l’eau » peu nocive.

Souvenez-vous aussi de l’œuvre Ice Watch du danois Olafur Eliasson qui, au motif de dénoncer le réchauffement climatique, avait prélevé 80 tonnes de glace au Groenland avant de les exposer en Europe pour qu’elles fondent paisiblement sous le regard des passants. Pas besoin d’être expert pour imaginer la logistique phénoménale derrière le transport d’une œuvre aussi volumineuse et fragile avec, à la clé, une présentation éphémère…

Un autre aspect du problème concerne justement le transport des œuvres : lorsqu’une exposition est organisée, on fait généralement venir des œuvres de toute la planète afin de présenter ce qu’il existe de mieux sur un sujet. Cela implique souvent beaucoup d’emballages et de longs trajets en avion (aussi bien pour les œuvres que pour les curateurs et les collectionneurs qui se déplacent afin d’assister aux expositions). Un impact environnemental évident !

Les expositions d'art, un impact environnemental fort
Les expositions d’art, un impact environnemental souvent fort

Quelles solutions pour réduire l’empreinte carbone du marché de l’art ?

Comme le mentionne le blog ArtAttack, certains artistes valorisent l’utilisation de matières périssables ou exploitent ce qui pourrait s’apparenter à des déchets afin de leur donner une seconde vie.

On recycle ainsi sous forme d’œuvres toutes sorte de matériaux : des déchets plastiques rejetés par l’océan (Project Vortex), des ordures transformées en reproduction d’œuvres d’art célèbres (Vik Muniz) ou en sculptures (Tim Noble et Sue Webster), de vieux vêtements (Guerra de la Paz), des bouchons de bouteilles en plastique (Mary Ellen Croteau) et j’en passe…


D’autres misent sur l’idée d’une galerie d’art en ligne. Comme je le mentionnais précédemment, il faut souvent que les œuvres voyagent pour qu’une galerie d’art traditionnelle fasse connaître son travail : or, la participation à des salons et à des foires d’art est coûteuse en termes d’empreinte écologique.

Proposer un accès à l’art via Internet en sortant de ce circuit traditionnel permet à la fois de concilier l’impératif environnemental et de valoriser des artistes pour lesquels une galerie n’investirait pas forcément dans un coûteux déplacement d’œuvres vers une quelconque exposition.

La solution réside peut-être dans l’idée que la plus formidable source de créativité est parfois la contrainte : s’imposer, par exemple, une recherche de matières premières en circuit court ou des créations respectueuses de l’environnement, met certes des limites sur le chemin de la création… mais oblige justement à « sortir du cadre » pour s’en affranchir. Un nécessaire compromis, peut-être, pour faire entrer doucement le marché de l’art dans ces débats écologiques ?



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