L’enfant de Schindler, Leon Leyson : le plus jeune de la liste de Schindler


L’enfant de Schindler – Résumé

Leon Leyson avait 10 ans quand la Seconde Guerre Mondiale a éclaté. Originaire d’un petit village de Pologne, il avait rejoint son père à Cracovie avec ses frères et sœurs et sa maman, impatient de découvrir la « grande ville » et ses infinies possibilités d’aventures.

Mais très vite, le nazisme a étendu son emprise sur l’Europe et le monde autour du petit garçon a changé, petit carré de liberté de plus en plus réduit derrière les murs du ghetto. Puis est venu le camp de concentration, celui de Plaszow… et un homme, Oskar Schindler, qui a inscrit le nom du petit Leon Leyson sur une liste qui allait lui sauver la vie.

A 13 ans, Leon est devenu le plus jeune de la Liste de Schindler et à la fin de sa vie, il a témoigné sans relâche pour faire connaître cette histoire. Ce livre est son autobiographie.


Auteur.
Taille du livre208 pages.
Note – ★★★★☆

L'enfant de Schindler, Leon Leyson

L’enfant de Schindler – Avis sur le livre

Cette autobiographie est sans doute le dernier combat qu’a livré Leon Leyson, qui est décédé littéralement le lendemain du jour où il a remis le manuscrit à son éditeur. Il était malade depuis des années mais savait sans doute, au fond de lui, à quel point il était important de laisser une trace de son histoire pour que les générations futures n’oublient pas.

L’histoire de Leon est d’abord celle d’un petit garçon polonais comme beaucoup d’autres. Polonais… et juif. 3 frères (Hershel, Tsalig et David), 1 sœur (Pesza), une vie ordinaire. Son père avait pris l’audacieuse décision de suivre le déménagement de son entreprise à Cracovie et pendant plusieurs années, Leon a imaginé cette grande ville pleine d’aventures et de surprises. Jusqu’au jour où la petite famille a enfin pu se réunir à Cracovie.

Les histoires tragiques ont cette faculté à commencer de manière anodine. Et comme le rappelle Leon, il y a parfois des détails anodins, de petites décisions prises sans même y réfléchir, qui finissent par vous sauver la vie. Par exemple, ses parents lui ont appris quelques mots d’allemand… sans se douter que cette leçon de vocabulaire allait devenir une question de vie ou de mort.

L’enfant de Schindler vous insuffle aussi un principe essentiel : rien n’est binaire. On ne peut pas voir le monde, les situations ou les êtres humains en noir et blanc. Les bons, les méchants. L’homme est complexe, la vie est complexe, et chaque moment de ce livre se charge de vous le rappeler.

Ainsi, comme l’explique Leon Leyson, il existait déjà avant la guerre une forme d’antisémitisme… mais nul ne lui prêtait grande attention, elle était « circonstancielle ».

« A Narewka, chrétiens et juifs cohabitaient paisiblement. Mais j’ai vite compris qu’il y avait des limites à ne pas franchir. Pendant la Semaine sainte, les sept jours précédant le jour de Pâques, nos voisins chrétiens nous traitaient différemment, comme si, tout à coup, nous étions devenus des ennemis.

Certains, parmi mes camarades, devenaient agressifs. Ils me jetaient des pierres, m’insultaient de manière cruelle et humiliante, me traitant par exemple d’assassin de Jésus. Cela n’avait aucun sens pour moi, puisque Jésus avait vécu de nombreux siècles plus tôt. Mais ma personne s’effaçait derrière mon identité juive ».

Et pourtant, il y a si peu de différence entre Leon et ses camarades. Il se fera la même réflexion quelques années plus tard, emprisonné dans le camp de Plaszow, avec cette phrase brûlante d’émotion : « Seule l’épaisseur du fil barbelé séparait mon enfer de leur liberté ».

L'enfant de Schindler, Leon Leyson
Leon Leyson tenant sa carte d’identité de réfugié en 1995

Dans le livre, Leon raconte son départ pour Cracovie, les moments heureux dans la grande ville puis la restriction progressive des libertés…. jusqu’à ce jour où son père est appelé dans l’usine située face à celle où il travaille : il y a un nouveau patron nazi… et l’homme cherche un ouvrier capable de lui ouvrir un coffre-fort. Le père de Leon s’exécute.

Ce nazi est décrit par l’auteur comme un « roi de l’exploitation », qui « versait des salaires de misère aux travailleurs polonais, et ne payait pas les juifs ». Mais ce nazi est aussi devenu célèbre pour avoir sauvé plus d’un millier de vies. Oskar Schindler. D’où l’idée que réduire un homme à sa part d’ombre, comme le réduire à ses grands actes, serait une vision trop simpliste de l’être humain.

En quelques pages, le portrait que Leon Leyson nous dessine d’Oskar Schindler est une vraie leçon de management à lui tout seul. Schindler avait compris bien des choses : il avait compris à quel point il était important qu’un employé trouve un sens à son travail, au-delà du salaire. Ainsi, il ne payait pas les Juifs… mais il savait que pour un Juif, travailler dans son usine offrait la garantie de bénéficier d’un permis de travail et donc d’un sursis pour se soustraire aux travaux forcés ou aux déportations.

Schindler avait aussi compris qu’être patron, ce n’est pas tout maîtriser… mais avoir l’art de déléguer ce que l’on ne sait pas à des gens qui en sont spécialistes.

Oskar Schindler a sauvé la vie de ses travailleurs… incluant Leon et une partie de sa famille sur la « liste » qui a inspiré le film de Steven Spielberg. Comme vous le découvrirez en plongeant dans cette autobiographie, ce n’est pas pour autant une survie facile, mais un chemin tortueux où un mélange d’audace, de chance, de volonté, de pugnacité, ont permis à Leon de vivre.

Il y a dans ce livre des passages d’une émotion inouïe… comme ce moment où Leon Leyson partage un bref instant d’amour maternel à l’état pur :

« Au dernier moment, elle a fouillé dans l’amas de chiffons entreposés sur sa couchette et en a sorti un morceau de pain rassis pas plus gros qu’une noisette. C’était tout ce que maman avait, le meilleur qu’elle puisse me donner. Elle m’a embrassé en vitesse, a mis le pain dans ma main et m’a poussé au-dehors ».

Ne passez pas à côté de ce témoignage sensible et marquant… à plus forte raison si vos pas vous emmènent un jour à Cracovie, en Pologne. J’ai gardé de mon voyage là-bas un souvenir très fort (je vous parle sur mon autre blog de Cracovie et plus particulièrement du camp de concentration de Plaszow où Leon Leyson a été emprisonné, ainsi que des lieux de tournage de la Liste de Schindler et de l’usine d’Oskar Schindler que l’on peut aujourd’hui visiter).

L’enfant de Schindler fait écho à d’autres témoignages d’adolescents, comme celui d’Anne Frank bien sûr mais aussi celui de Thomas Geve qui a survécu à Auschwitz-Birkenau. Des histoires très fortes, qui parlent aux adultes comme aux ados d’aujourd’hui… pour se rappeler la chance que l’on a d’être vivant, et le rôle que l’on a dans la transmission de la mémoire.


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