L’enfant du tsunami, Eva Kopp : séismes émotionnels


L’enfant du tsunami – Résumé

11 mars 2011. Un tremblement de terre au large de Honshu, au Japon. Puis un tsunami dévastateur qui laisse sur le rivage un orphelin, Néthanel, bébé miraculé dont les parents ont été emportés par la vague.

Mais l’enfant n’est pas le seul à garder en lui la trace profonde et intime de cet épisode. Dans d’autres lieux, d’autres vies, le tsunami inonde tout sur son passage…


Auteur.
Taille du livre175 pages.
Note – ★★★☆☆
L'enfant du tsunami, Eva Kopp

L’enfant du tsunami – Avis sur le livre

Tout est parti d’un événement, d’un sentiment d’impuissance peut-être… Nous sommes en mars 2011. Eva Kopp découvre, comme des millions d’anonymes dans le monde, les images d’une vague impressionnante qui s’abat sur les côtes du Japon. Ce souvenir la hante et vient réveiller l’inspiration de ce roman, L’enfant du tsunami, paru en juin 2018 aux éditions Pierre Philippe.

Les histoires entrecroisées d’une foule de personnages, tous affectés, à leur échelle, par l’événement.

Il y a d’abord Néthanel, le tout petit Néthanel, qui séjournait à l’hôtel avec ses parents quand la vague est arrivée. 15 minutes avant, il s’est mis à pleurer, comme si, par une forme de prescience mystérieuse dont nul n’a le secret, il avait senti l’imminence du désastre. Quand l’eau se retire, il est orphelin mais il a survécu, sauvé par Hiro, un pompier de la région.

Hiro, justement, est en couple avec Amami, mannequin qui pose pour des packagings de thé glacé à Fukushima.

Mais il y a aussi Junko, 28 ans, qui va bientôt épouser Hakao avec la bénédiction de son grand-père Kiyotane. Et Hanyu, jeune patineur artistique asthmatique de 16 ans à qui l’on prédit un succès prodigieux.

Autant de destins qui vont se retrouver mêlés dans le tourbillon de la vague.

L'enfant du tsunami, Eva Kopp
L’enfant du tsunami, Eva Kopp

Ces histoires individuelles nous montrent que de telles tragédies exercent un pouvoir bien différent sur les uns et les autres : le tsunami a bouleversé des vies mais il a aussi réveillé chez certains une profonde conscience de l’Autre, de la nécessité d’être bienveillant et solidaire. Il a laissé la marque d’un traumatisme tout en ouvrant la voie à une quête de sens.

Eva Kopp glisse dans son intrigue des passages qui relèvent du fantastique, nous entraînant dans les rêves de ses héros, les signes que la vie leur adresse et qui prennent des tonalités légendaires. L’image d’un animal qui leur apparaît soudain, porteuse d’un sens qu’il n’appartient qu’à eux de déchiffrer.

« Soudain, la lumière. Un renard… Il ne bouge pas. Il fixe Junko la douce de ses prunelles noires. Il semble l’attendre. Depuis combien de temps est-il là ? Son pelage blanc vibre d’un halo doré. L’oiseau crie. La terre tremble.

Les neuf queues du renard s’agitent doucement comme les plumes d’un paon. De fines gouttelettes d’eau emplissent l’atmosphère. Le sol se démembre, les arbres tanguent.

Sortie de l’enfer, monstrueuse, une vague colossale surgit. Une odeur d’iode, de poissons, de terre, de vie et de mort saisit l’oxygène ».

Eva Kopp vous interpelle directement, comme si vous étiez vous-même partie prenante de L’enfant du tsunami… et peut-être l’est-on, au fond, quand on est lecteur ?

Le roman est indéniablement une histoire feel-good, teintée d’une émotion sincère. Je lui reprocherais néanmoins une structure assez complexe à suivre car on passe d’un personnage à l’autre, exercice de style ô combien difficile à maîtriser et qui peut vite égarer le lecteur.

On n’échappe pas, non plus, à quelques traits forcés chez certains personnages. Par exemple, Amami « à la poitrine enrichie en silicone » apparaît vite comme une poupée sans relief qui apprécie son compagnon « surtout pour se promener car il est grand et musclé ». L’intention sous-jacente est sans doute de souligner la superficialité de leurs échanges mais le fait de forcer le trait ainsi ne sert pas l’histoire, in fine.

L’enfant du tsunami reste un roman écrit avec une plume sensible, qui souligne la capacité formidable de l’Homme à s’adapter et à (se) reconstruire. Un message optimiste, n’est-ce pas ?


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