Gone Girl, David Fincher : diaboliques manipulations



Gone Girl – Résumé

Amy et Nick Dunne ont quitté la vie trépidante de Manhattan afin de venir s’installer dans le Missouri, auprès de la mère de Nick, gravement malade. Propriétaires d’une belle maison, ils forment selon les apparences un couple uni.

Mais un jour, le jour de leur 5e anniversaire de mariage, Nick découvre en rentrant chez lui que sa femme a disparu. La police découvre rapidement que des traces de lutte et une quantité importante de sang ont été nettoyées à la va-vite dans la cuisine.

Alors que les médias s’emparent de l’affaire, les soupçons s’orientent peu à peu vers Nick Dunne lui-même, dont on découvre rapidement que la vie conjugale n’était pas si idyllique…


RéalisateurDavid Fincher.
Durée du film minutes.
Note – ★★★★☆

Gone Girl, David Fincher

Gone Girl – Critique du film

Le film de David Fincher est l’adaptation d’un roman de Gillian Flynn baptisé Les apparences. Un thriller diabolique, mettant en scène des manipulations glaçantes et des relations d’emprise malsaines…

Tout commence par le genre de fait divers tragique qui occupe hélas occasionnellement les médias : la disparition d’une femme, Amy Dunne (jouée par Rosamund Pike). Amy est jeune, riche, elle a été l’héroïne d’une saga très populaire lorsqu’elle était enfant, saga dans laquelle on lui prêtait d’innombrables qualités et aventures fantastiques. Elle est appréciée, a épousé cinq ans plus tôt Nick Dunne (Ben Affleck) avec qui elle semble former un couple sans histoires.

C’est en rentrant du bar qu’il tient avec sa sœur jumelle Margo (Carrie Coon) que Nick découvre l’absence d’Amy… et un salon sens-dessus-dessous qui laisse entendre que quelqu’un s’est introduit dans la maison.

Bien entendu, la police est rapidement appelée sur place et en faisant une reconnaissance dans la propriété, l’inspectrice Rhonda Boney (Kim Dickens) s’aperçoit qu’il y a des traces de sang mal nettoyées dans la cuisine.

Il apparaît rapidement que les apparences sont trompeuses, à bien des égards : Amy n’a sans doute pas disparu, elle a plus probablement été tuée ou grièvement blessée. Son couple n’était pas le couple modèle qu’il semblait être, son journal intime indique au contraire des tensions, elle craignait même que Nick s’en prenne à elle. Elle vivait mal le fait d’avoir quitté Manhattan pour le Missouri. Nick la trompait… et l’on constate rapidement qu’il semble ignorer certains pans de la vie de sa femme.

Alors que la presse se passionne pour l’affaire, il commence à faire l’objet de soupçons, de plus en plus insistants… jusqu’au jour où il décide qu’il va avoir besoin d’un solide avocat pour se sortir de cette épineuse situation. Il fait appel à Tanner Bolt (Tyler Perry), réputé pour avoir aidé d’autres hommes à se tirer de mauvais pas similaires.

Gone Girl, David Fincher
Gone Girl, David Fincher

Assez rapidement, on se retrouve face à une situation mouvante : où se trouve la vérité parmi les déclarations des uns et des autres ? L’attitude nonchalante dont Nick semble faire preuve constitue-t-elle un aveu de culpabilité ? S’il a tué sa femme et si elle avait peur de lui comme son journal le laisse entendre, pourquoi Amy avait-elle malgré tout concocté avec amour une chasse au trésor pour leurs cinq ans de mariage ? Si le coupable de l’enlèvement est quelqu’un d’autre, qui est-ce et quel est son mobile ?

C’est une histoire où rien ne semble vraiment vrai… et rien ne semble vraiment faux. « Les apparences », titre du roman de Gillian Flynn, sont au cœur de l’intrigue. Ainsi, au vu de la disparition d’Amy Dunne, la chasse au trésor prend-elle subitement une tournure macabre, où l’on s’attend à découvrir son corps au bout de la chaîne d’indices. Au vu de l’attitude de Nick, qui semble ignorer beaucoup de choses de la vie d’Amy, on se demande à quel point le couple avait des secrets. En découvrant des fragments du journal d’Amy, on s’interroge sur la relation d’emprise entre les deux…

Rosamund Pike et Ben Affleck servent parfaitement ces rôles aux multiples visages.

Le film de David Fincher ne cherche pas à donner dans la subtilité : il y a du sang, du sexe, de la violence, les choses sont dites plus qu’elles ne se laissent deviner. C’est visiblement un choix assumé, un parti pris dont la troublante réalité ne fait que ressortir davantage toutes les incertitudes.

Il y a quelque chose de terriblement indécent dans ce côté un peu brut, un peu franc. On laisse entendre que des pans de l’histoire nous sont cachés, qu’on connaît mal la personnalité des protagonistes… alors on doute, on hésite, on s’interroge. Et en face, David Fincher nous répond en assénant des faits et des vérités qui tombent comme des marteaux sur nos frêles certitudes.

Et ça fonctionne plutôt bien. C’est moche, c’est (un peu) terrifiant, un peu invraisemblable parfois, mais ça nous donne envie de connaître la fin… et quand un film dure près de 2h30, c’est une belle motivation ;)


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