Harry Potter et l’enfant maudit : cet étrange sentiment…


Harry Potter et l’enfant maudit – Résumé

Une vingtaine d’années se sont écoulées depuis la bataille de Poudlard et la défaite des Forces du Mal. Harry Potter est père de 3 enfants : James, l’aîné ; Albus Severus, son cadet, sans oublier la petite Lily. Marié à Ginny Weasley, il reste très proche de ses deux amis d’enfance Ron et Hermione (laquelle a accédé au poste prestigieux de ministre de la Magie). Ils ont eux-mêmes deux enfants, Rose et Hugo.

Mais cette vie de famille en apparence idyllique dissimule des aspects plus noirs. Albus vit une relation complexe avec son père et peine à porter le poids de sa célébrité… et toutes les attentes qui vont avec. Son plus proche ami, Scorpius Malfoy, fait l’objet d’une rumeur tenace affirmant qu’il n’est autre que le fils caché de Voldemort. Et pour couronner le tout, les anciens alliés du Seigneur des Ténèbres recommencent à se manifester… et la cicatrice de Harry se remet à le faire souffrir.

Se pourrait-il que les ténèbres jaillissent à nouveau ?


Auteur.
Taille du livre352 pages.
Note – ★★★☆☆
Harry Potter et l'enfant maudit, J.K. Rowling

Harry Potter et l’enfant maudit – Critique

Je ne pensais pas plonger un jour dans un nouveau tome d’Harry Potter, et pourtant ! Ce huitième opus inattendu a évidemment réveillé ma curiosité dès que j’en ai entendu parler. Enfin, « huitième opus », il convient de nuancer car Harry Potter and the Cursed Child n’a pas été écrit par J.K. Rowling elle-même mais par Jack Thorne… sur une idée originale de J.K. Rowling. Il ne s’inscrit donc pas réellement dans la même continuité que les sept tomes de la saga.

Mais quand même ! Comment ne pas brûler d’envie de savoir ce que sont devenus les héros que nous avons suivis pendant tant d’années ? Je n’avais jamais lu un livre aussi lentement, n’ayant pas envie que l’histoire se termine. Pourtant, en refermant la dernière page, je reste avec un sentiment étrange.

Harry Potter et l’enfant maudit, qui est pour l’instant sorti uniquement en anglais sous le titre Harry Potter and the cursed child, nous projette dans un monde où Harry est devenu adulte. Sur le papier, il semble avoir la vie parfaite que l’on attend d’un héros de guerre. Il est marié, père de famille, il dirige le département de la Justice magique. Pourtant, en coulisses, la situation n’est pas si rose.

Harry Potter adulte

Le drame d’être un « fils de »

La thématique des relations familiales et de l’héritage générationnel est présente tout au long du livre… comme elle a toujours été très importante dans l’oeuvre de J.K. Rowling.

Il y a d’abord le cas des enfants de Harry, qui doivent porter le poids de la célébrité envahissante de leur père comme Harry a dû porter la sienne quand il était enfant. La différence, c’est que la célébrité d’Harry Potter était en partie entretenue par ses propres actions. Chaque année, il parvenait à vaincre Lord Voldemort avec une chance insolente. Ses enfants, à l’inverse, connaissent la célébrité de tous les enfants de stars : ils n’ont encore rien construit dans leur jeune vie mais ils doivent pourtant exister dans l’aura de leur père. Si James et Lily semblent y parvenir sans trop de difficulté, il n’en va pas de même pour Albus.

Souvenez-vous, dans Harry Potter et les Reliques de la Mort, il était très inquiet à l’idée de se retrouver à Serpentard. On se souvient à quel point, dans Harry Potter, l’héritage joue un rôle majeur. Par exemple, Draco Malfoy ne concevait pas se retrouver dans une autre maison que Serpentard, tout comme les Weasley n’auraient pas envisagé être ailleurs que dans la maison Gryffondor. Albus est cet enfant qui se sent différent, qui dégage une immense sensibilité et qui, sans surprise, peine donc à trouver sa place dans sa propre famille.

On n’est donc pas étonné d’apprendre qu’il a noué une amitié avec un autre enfant qui porte sur les épaules un héritage au moins aussi lourd que le sien… dans un tout autre genre ! Scorpius Malfoy. Fils de Draco Malfoy et de sa femme Astoria, il fait l’objet de toutes les suspicions car certains affirment qu’il est l’enfant caché de Lord Voldemort. On raconte que le couple ne parvenait pas à avoir un enfant et qu’ils ont utilisé un retourneur de temps pour que Voldemort en personne en devienne le père.

Les deux enfants ont tous les deux quelque chose à prouver et ils vont s’embarquer dans une aventure qui promet beaucoup de péripéties. Je ne vous donne pas les détails de l’intrigue hormis qu’elle implique le recours à un retourneur de temps, l’occasion rêvée de se rappeler des paroles d’Hermione dans Harry Potter et le Prisonnier d’Azkaban : « Des choses horribles arrivent aux sorciers qui ont voulu jouer avec le temps ».

Idée de génie ou pas ?

Au début du livre, j’ai trouvé cette idée très astucieuse. C’est en effet un bon moyen de répondre à la fois à l’envie des lecteurs de savoir ce que deviennent les personnages qu’on a laissés à la fin du dernier livre mais aussi de faire revenir d’entre les morts des personnages que les lecteurs aimaient beaucoup. Je suis la première concernée… car mon personnage préféré est assez différent de ceux qu’apprécient les lecteurs en général :)

Ce n’est nul autre que Lord Voldemort, un personnage que je trouve captivant psychologiquement et dont je trouve l’histoire tout aussi intéressante. J’étais donc (agréablement) surprise de voir qu’il avait aussi sa place, à sa manière, dans l’intrigue de ce roman.

D’ailleurs, il ne s’agit pas d’un roman à proprement parler mais du texte d’une pièce de théâtre, qui respecte donc les règles habituelles du théâtre, avec un découpage en actes et des didascalies. Contrairement à ce que je craignais, ce format inattendu pour un tome d’Harry Potter ne m’a pas empêchée de m’immerger pleinement dans l’histoire. Je trouve même que ça peut être intéressant pour amener les enfants ou les ados à se plonger dans un genre littéraire qu’ils ne lisent bien souvent qu’à l’école.

Plus j’ai progressé dans la lecture, plus j’ai eu l’impression très bizarre de lire une fanfiction sur Harry Potter. Il se trouve que j’ai fait mon mémoire de fin d’études sur les fanfictions dans l’univers d’Harry Potter. J’ai donc lu plusieurs dizaines d’histoires imaginées par des fans de la saga et parmi elles, figuraient bon nombre d’intrigues impliquant justement un retourneur de temps mais aussi toutes les autres ficelles que l’on retrouve dans Harry Potter et l’enfant maudit.

C’est donc totalement étrange de se retrouver dans un roman qui appartient désormais au canon, c’est-à-dire un livre original, tout en ayant une intrigue qui a déjà été traitée maintes et maintes fois par l’univers des fanfictions. Certes, ce n’est pas rigoureusement la même histoire, mais les péripéties n’ont en tout cas rien de vraiment inédit.

L’autre aspect complexe avec l’idée d’un retour dans le temps, c’est que je trouve qu’il induit une distance affective avec l’histoire. On revit certains événements qui ont déjà eu lieu mais en étant en quelque sorte extérieur à ces événements. C’est une sensation assez étrange qui m’a parfois empêchée de me projeter pleinement dans le récit.

Fanfictions vs. canon

Les fanfictions ont une particularité, c’est qu’elles existent par centaines de milliers. Vous pouvez donc littéralement trouver l’intrigue qui correspond exactement ou presque à ce que vous auriez aimé lire avec les personnages de la saga. Par exemple, un lecteur qui estime qu’Hermione n’aurait pas dû finir avec Ron, peut tout à fait trouver des dizaines d’histoires où Hermione tombe amoureuse de quelqu’un d’autre.

Cette flexibilité de l’intrigue n’existe évidemment pas quand on lit un livre comme Harry Potter and the cursed child et à ma grande surprise, je me suis rendu compte que j’avais préféré la façon dont certains auteurs de fanfictions avaient traité cette hypothèse d’un retour dans le temps… au traitement qu’en a fait J.K. Rowling elle-même.

Il se trouve que c’était justement l’une des problématiques de mon mémoire. Je me demandais si ces histoires imaginées par les fans avaient le pouvoir d’influencer la marque littéraire elle-même.

Ce qui est fascinant par exemple, c’est que dans les 7 premiers tomes d’Harry Potter, Dumbledore était présenté comme un grand-père bienveillant auquel Harry Potter était très attaché. Dans les fanfictions, Dumbledore est presque systématiquement présenté sous un jour très négatif, celui d’un manipulateur égoïste qui met délibérément en danger la vie d’un enfant à de multiples reprises. Son attitude est même parfois ce qui pousse Harry Potter à se tourner vers les Forces du Mal dans ces fanfictions. Et vous vous rendez compte que plus vous lisez ce type d’histoire, plus vous êtes vous-même amené à nuancer votre point de vue sur un personnage contre lequel vous n’aviez au départ pas d’a priori significatif.

Le cas de la virginité (ou pas) de Voldemort

Le sujet avait fait débat il y a quelques années, amenant même J.K. Rowling à déclarer avec humour qu’il avait lui aussi le droit à sa vie privée (éludant au passage soigneusement la question).

Lord Voldemort

La rumeur présente dans le livre, selon laquelle Lord Voldemort aurait eu un enfant, m’a beaucoup interpellée. Voldemort n’est jamais présenté comme un être sexuel dans le canon. C’est plutôt quelqu’un qui agit au service de ses propres intérêts. Si sexualité il y a, je l’aurais donc envisagée sous un angle strictement tactique (comme moyen de contrôle sur une personne, comme moyen de faire souffrir quelqu’un, etc).

D’une part, parce qu’on ne conçoit pas que le personnage se laisse guider par des instincts « bassement physiques », lui qui rejette avec tant de véhémence la dictature des émotions. Difficile d’imaginer qu’il n’ait pas appris, avec ou sans potion, à contrôler ses hormones pour ne pas qu’elles affectent son jugement ! Lui qui est paranoïaque à l’extrême aurait-il pris le risque de se faire renverser parce qu’il s’est laissé distraire par une partie de jambes en l’air ?

D’autre part, parce qu’il est selon l’auteur elle-même incapable de ressentir un quelconque amour (même s’il est indéniablement capable d’une forme d’attachement, cf sa relation avec Nagini ou sa réaction à la mort de Bellatrix) ce qui exclut aussi une sexualité « passion ».

Sauf que l’hypothèse d’un enfant ne va pas, selon moi, avec l’idée d’une sexualité tactique. Pourquoi ? Parce que j’ai du mal à imaginer qu’un homme aussi tourné vers sa propre quête d’immortalité et de puissance, ressente le besoin d’engendrer un héritier alors même qu’il ne conçoit pas l’idée de sa propre disparition. A des fins de transmission ? Est-il capable d’envisager et d’accepter un partage du pouvoir, une transmission de son savoir, le risque que quelqu’un de son propre sang ne découvre ses petits secrets ? De transmettre sa capacité à parler le Fourchelang qui lui permet – si avantageusement – de cacher ces mêmes petits secrets ? Voldemort a beau défendre la pureté du sang, il ne croit pas aux liens du sang. Il a assassiné son propre père. Il est complètement passé à côté de l’idée que les Malfoy préféraient le salut de leur fils au service de leur Maître.

Bref, j’ai été très étonnée que J.K. Rowling exploite cette piste narrative, même sous forme de simple rumeur… et je suis restée en mode Sortilège Langue de Plomb pendant un certain nombre de pages ^^

(Désolée, l’analyse psychologique de Voldemort est LA raison principale pour laquelle j’adore ce personnage).

Au final, je ne vais pas vous cacher que l’histoire m’a quand même tenue en haleine du début à la fin. Je me suis même dit au fil de la lecture que ça ferait un excellent film et ça ne me surprendrait pas que les studios se manifestent en faveur de cette idée une fois que la pièce de théâtre aura terminé son parcours, quand on sait la manne financière que ça représenterait (et quand on voit le nombre de personnes qui voulaient acheter des places pour la pièce et qui ont fait chou blanc).

Le livre est pour l’instant disponible uniquement en anglais. Il sortira en français mi-octobre. Si vous habitez en France, sachez que le Grand Rex à Paris organise un marathon Harry Potter sur un week-end les 15 et 16 octobre. Les réservations ouvrent le 27 août et pour avoir participé au dernier marathon en 2013, je peux vous dire que ça vaut vraiment le déplacement ! Une ambiance de folie et l’occasion unique de revoir les films dans une vraie salle de cinéma !

Si vous avez lu le roman, laissez un commentaire car je suis très curieuse de lire d’autres avis sur le livre !


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10 commentaires sur “Harry Potter et l’enfant maudit : cet étrange sentiment…

  • discoveRin

    Coucou (:
    Tu es passée sur mon blog et me voilà !
    J’ai adoré lire ton article, et ton analyse de Voldemort est vraiment intéressante. Des hypothèses fusent comme quoi l’enfant n’aurait pas été engendré naturellement, mais plutôt par un sortilège ou une potion ou je ne sais quoi d’autre, ce qui écarterait l’hypothèse d’une partie de jambes en l’ait distrayante pour le Mage Noir et le fait que si Bellatrix avait été enceinte, on l’aurait su dans le tome 7. A creuser … Moi je reste particulièrement sceptique sur cette intrigue-là tout de même.
    En tout cas merci pour ton article (:

    Répondre à discoveRin
    • Allée des Curiosités

      Tsss c’était pourtant presque drôle d’imaginer ce bon vieux Voldy emmêlé dans sa cape et Bellatrix, tignasse électrique et pleine de bonne volonté ^^ Peut-être même qu’il lui a dit « I CAN TOUCH YOU… NOW! »

      I can touch you now (Voldemort)

      Mais ça, c’est une vision qui a sa place dans une fan fiction, PAS dans une oeuvre officielle :-D

      Répondre à Allée
  • Ben

    Je suis d’accord je ne voit pas Voldemort se rabaisser à avoir dès rapport szxuelq entre sa quête de la baguette de sureau la recherche d’Harry Potter et la torture de ses ennemies, c’est plutôt le genre à penser que c’est une perte de temps, en plus son égocentrisme et sa quête de l’immortalité ne lui laissent pas penser qu’il doivent compter sur une descendence pour achever son œuvre. Donc finish décevant et même choquant pour une histoire validée par JK Rowling… Oh la la tout se perd

    Répondre à Ben
    • Allée des Curiosités

      Il va falloir qu’elle en écrive un autre pour se faire pardonner, je ne vois que ça ;)

      Répondre à Allée
  • Ludo

    J’ai rarement été déçu par un livre :/

    Répondre à Ludo
    • Allée des Curiosités

      Arf ton commentaire avait glissé dans les indésirables… Je vais aller lire ta chronique !

      Répondre à Allée
  • Emilie

    Franchement, un grand chapeau à l’idée même d’en avoir fait une pièce de théâtre, et non un nouveau roman. J’aime beaucoup cette tentative d’incursion dans un genre nouveau! Honnêtement, la trame de l’histoire elle-même me laisse très TREEES pensive, et j’ai quand même l’impression qu’il s’agit pas mal de fan-service, et c’est marrant que tu parle de fanfiction, parce que d’une, je partage grave ton avis et de deux, ben… C’est direct ce à quoi ce nouvel opus sur la saga HP m’a fait penser :/ L’analyse de Voldemort, franchement, ben c’est bien vu. Et oui, clairement, c’est un peu dur à avaler :D

    Répondre à Emilie
    • Allée des Curiosités

      Je n’ai pas (encore) vu la pièce mais il paraît qu’il y a beaucoup d’éléments sur scène qui ne sont pas restitués par le livre… ça ne changera pas le fond de l’intrigue mais je pense effectivement qu’on « perd » quelque chose entre la scène et la transcription. Peut-être que le spectacle compense un peu cette impression étrange de lire une fan fiction.

      Répondre à Allée
  • Ophélie G.

    Il me semble avoir lu quelque part que la Warner Bros avait d’ores et déjà acheté les droits d’adaptation. Info ou intox, je n’en ai pas la moindre idée mais cela ne m’étonnerait pas.

    J’ai beaucoup aimé ton analyse ! C’est le fait que Voldemort ait couché avec Bellatrix qui m’a vraiment gênée, car ça ne rentre pas dans le personnage, comme tu l’expliques si bien. Et puis, c’était quand même un peu facile comme fil conducteur, je trouve. Enfin bref, j’ai quand même adoré l’histoire ! Et je ne sais pas si tu as vu mais 3 ebooks sont à paraître en Septembre ! :D xx

    Répondre à Ophélie
    • Allée des Curiosités

      J’ai creusé l’info et c’est un blogueur spécialisé dans les marques déposées qui a découvert ça. En fait, il indique juste que Warner a déposé la marque Harry Potter and the cursed child dans une variété de catégories, dont les films. Ça ne me surprend pas du tout, c’est une bonne protection que les laisse libres de faire (ou non) un film dans les 5 ans à venir.

      Sinon, oui j’ai vu l’histoire des 3 ebooks sur Pottermore ! D’ailleurs c’est drôle mais je viens de réaliser que sur Pottermore, j’ai la même baguette que Bellatrix. Tsss ce site est très fort.

      Répondre à Allée
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