La Belle Époque, Nicolas Bedos | Critique et résumé du film

La Belle Époque, Nicolas Bedos : un couple en crise renoue avec le passé



La Belle Époque – Résumé

Un jour, Marianne et Victor Drumond se sont aimés. C’était il y a longtemps et aujourd’hui, alors qu’ils vieillissent, leur relation n’est plus que remarques fielleuses et insultes que l’on ne prend même plus la peine de dissimuler.

Jusqu’au jour où Victor se voit offrir un cadeau peu ordinaire : on lui donne l’opportunité de se plonger dans une époque de son choix pendant 24 heures, grâce aux services d’une entreprise innovante qui reconstitue à la perfection des décors historiques.

Contrairement à la plupart des clients qui optent pour des périodes reculées, Victor décide de replonger dans une année très particulière pour son couple : 1974.


RéalisateurNicolas Bedos.
Durée du film minutes.
Note – ★★★★☆

La Belle Époque, Nicolas Bedos

La Belle Époque – Critique

Le film de Nicolas Bedos est un joli film. Il n’est pas de ceux qui me marqueront de manière durable, mais m’a fait passer un bon moment, avec une approche sensible et divertissante de sujets profonds.

Au coeur de l’histoire, un couple, celui formé par Victor Drumond (Daniel Auteuil) et son épouse Marianne (Fanny Ardant). Ils se sont rencontrés en 1974, dans un café de Lyon étouffé par la fumée de cigarette. Victor avait 25 ans.

Depuis, le temps a passé et alors qu’ils vieillissent ensemble, un fossé semble s’être ouvert entre eux. Victor s’est fait licencier du journal où il travaillait comme dessinateur, victime du « passage au numérique » qu’il exècre. Désoeuvré, un brin aigri, il déteste les nouvelles technologies, maugrée contre les smartphones qui empêchent les gens de se parler, ne comprend plus ce monde qui semble innover trop vite pour lui.

A l’inverse, sa femme Marianne vit au rythme du changement. Psychanalyste, elle s’intéresse de près à la réalité virtuelle et aux bénéfices que l’intelligence artificielle peut apporter à son métier. Inévitablement, elle a le sentiment que son mari vieillit plus vite qu’elle.

A l’épreuve du temps, l’amour s’est mué en maltraitance verbale. Ils se lancent des piques et des insultes sans même s’embarrasser de subtilité.

Fanny Ardant, comme Daniel Auteuil, se montrent convaincants dans leurs rôles : on mesure la difficulté à évoluer sans s’éloigner lorsque l’on vit ensemble depuis tant d’années, on réalise aussi à quel point les deux héros se sont enfermés dans un schéma de manque de respect mutuel devenu une forme de routine.

Et puis, un jour, Victor se voit offrir un cadeau par son fils : une soirée organisée par la société « Les voyageurs du temps », gérée par Antoine (Guillaume Canet). Le concept de l’entreprise est innovant : il propose aux clients de recréer la période de leur choix, qu’elle soit lointaine ou plus récente. Décors reconstitués plus vrais que nature, acteurs en costume d’époque, un soin obsessionnel est porté au moindre détail pour que le client perde le contact, le temps d’une soirée, avec sa réalité.

Antoine est un homme dur, qui mène ses salariés à la baguette avec peu de bienveillance et des exigences démesurées. Sa petite amie, Margot (Doria Tillier), en fait elle aussi les frais. Un « je t’aime moi non plus » épuisant pour nous, spectateurs, qui n’avons de cesse de nous demander pourquoi elle reste prisonnière d’une relation qui semble si malsaine.

Et c’est Margot, justement, qui va être choisie comme actrice principale de la soirée demandée par Victor Drumond. Contrairement aux autres clients qui aiment se projeter dans une époque de l’histoire qui les passionne (au coeur de la Seconde Guerre Mondiale ou auprès de Marie-Antoinette par exemple), Victor a choisi de revivre ce qu’il estime être la plus belle époque de sa vie : l’année 1974.


C’est là qu’il a rencontré sa femme, dans un café de Lyon animé…

La Belle Époque, ici, devient aussi drôle que mélancolique. Les années 70, permissives et décomplexées, se révèlent peu à peu, avec leur fumée de cigarette omniprésente, leurs soirées riches en substances illicites, les voitures surchargées qui, faisant fi de la sécurité routière, emportent les fêtards…

On sourit, mais ce sourire est toujours teinté de la conscience que tout est faux. Un regard vers le haut et l’on se rappelle que l’action se joue dans un décor, un geste et l’on constate que l’on évolue au milieu d’un studio de carton-pâte. Rien n’est vrai, tout est joué… mais pas totalement. Victor n’a plus l’âge de ses 25 ans et, s’il note occasionnellement que tel ou tel détail diffère de ses souvenirs, ses émotions replongent volontiers dans les Seventies.

La Belle Époque, Nicolas Bedos
La Belle Époque, Nicolas Bedos

En tant que spectateur, on ressent la menace que la chute soit douloureuse. En effet, faire vivre à quelqu’un une période historique qu’il n’a jamais connue n’est pas la même chose que reconstituer de toutes pièces un pan du passé d’un homme. Margot joue Marianne, mais n’est pas Marianne. Victor n’a plus 25 ans. Et Marianne, la vraie, n’a plus à son égard la complicité et la pétillante désinvolture qui la caractérisaient alors.

La Belle Époque n’a pas la prétention d’être « réaliste ». Dans la vraie vie, le concept de la société « Les voyageurs du temps » serait sans doute durement mis à l’épreuve par des questions juridiques et éthiques. Et alors ? C’est de la fiction… mais une fiction qui permet une réelle réflexion sur ce que devient l’amour quand le temps s’en mêle.

C’est aussi, d’une certaine manière, une vision innovante du passé. Il est souvent, dans les films, ce qui entrave le héros, ce qui crée pour lui des obstacles. Ici, au contraire, le passé se met au service d’une expérience presque thérapeutique.

La Belle Époque est un film plaisant pour qui le regarde « au premier degré », riche pour qui cherche à l’analyser davantage.


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