La consolation de l'ange, Frédéric Lenoir

La consolation de l’ange, Frédéric Lenoir : la vie qui va, la vie qui vient



La consolation de l’ange – Résumé

Hugo a décidé de mettre fin à ses jours, déstabilisé par une situation qu’il vit comme un profond échec.

Dans la chambre d’hôpital où on le conduit après sa tentative de suicide, il fait la connaissance de Blanche. Une femme qui, contrairement à lui, aurait aimé que la vie continue mais la sent doucement lui échapper. En soins palliatifs, elle attend la fin.

Entre ces deux êtres se tisse peu à peu un lien humain et philosophique, afin de redonner du sens à l’existence…


Auteur.
Taille du livre208 pages.
Note – ★★☆☆☆

La consolation de l'ange, Frédéric Lenoir

La consolation de l’ange – Avis sur le livre

Le roman La consolation de l’ange de Frédéric Lenoir a été plébiscité par de nombreux lecteurs mais n’a pas su me convaincre.

C’est l’histoire d’une rencontre impromptue dans une chambre d’hôpital, entre deux personnages qui semblent marcher à contresens l’un de l’autre.

D’un côté, Hugo, 20 ans, doit trouver comment remarcher vers la vie alors qu’il vient de faire une tentative de suicide. De l’autre, Blanche, une dame âgée qui doit accepter de marcher vers la mort, alors qu’elle aime la vie.

Ancien professeur de philosophie, elle va profiter de ce huis clos avec le jeune homme pour partager avec lui sa vision de l’existence. Rescapée des camps de la mort, Blanche a vécu une expérience de mort imminente au cours de laquelle elle a vu apparaître un ange. Cette épreuve, tout comme le fait d’avoir perdu son fils, lui a donné une force de caractère hors norme.

Blanche puise régulièrement dans ses lectures – des œuvres philosophiques, les écrits de Victor Hugo – pour imager sa pensée.

J’ai trouvé à ce livre un côté assez mièvre, dégoulinant de bons sentiments. Pour prendre un exemple, Blanche connaît Hugo depuis seulement quelque jours et elle « l’aime autant qu’un fils ». Hugo se révolte contre le manque de respect envers la nature, le manque de considération envers les autres, la société capitaliste…

Oui, en soi, c’est bien de se soucier de l’écologie, de réfléchir aux dangers de la société de consommation ou d’afficher une bienveillance illimitée envers les autres… mais le cumul de tous ces sentiments, dans un espace-temps réduit (une chambre d’hôpital, une intrigue qui s’étale sur quelques jours) a produit chez moi une impression de trop-plein.

Victor Hugo est cité à tout bout de champ, parfois de manière un peu « plaquée », et l’on a parfois l’impression de retomber sur un lieu commun : l’idée que les anciens possèdent une sagesse qui leur donne forcément raison en toutes choses.

La consolation de l'ange, Frédéric Lenoir
La consolation de l’ange, Frédéric Lenoir

Je n’ai pas non plus accroché avec les dialogues, qui m’ont souvent semblé faux. Pour prendre quelques exemples, au début du roman le personnel médical conduit Hugo dans sa chambre. Il vient de faire une tentative de suicide et Blanche demande pour quelle raison on amène ce nouveau patient dans le lit d’à-côté. Le personnel médical se met alors à lui déballer son dossier médical.

La même situation se reproduit plus tard dans le livre. Le personnel explique « Stase à l’estomac. On lui a fait une aspiration gastrique ». A quel moment du personnel soignant irait-il communiquer l’état de santé ou le traitement d’une personne à quelqu’un qui n’a aucun lien de parenté avec elle et la connaît à peine ?


Hugo m’a parfois paru peu crédible : on lui prête tour à tour une manière de parler assez soutenue (« Je suis tout ouïe », « Je trouvais sa poésie un peu lourde et ampoulée », « Volontiers ») et un parler jeune (« Ça me détend grave », « C’est clair »), et ça change d’un paragraphe à l’autre.

Par ailleurs, il a la fâcheuse tendance à tout intellectualiser, si bien que j’ai eu du mal à le trouver attachant, malgré ses fêlures qui pourraient donner envie d’éprouver de la compassion à son égard. Ainsi, quand Blanche se confie sur son expérience de mort imminente, Hugo lui répond ceci :

« Vous avez vécu un tel choc que votre cerveau, qui fait toujours tout son possible pour nous aider à survivre et à surmonter des obstacles, a diffusé des doses massives de DMT […]. La DMT est une substance similaire à la sérotonine qui est produite par la glande pinéale lorsque nous sommes confrontés à une situation intense de stress. Or il a été démontré que la DMT peut provoquer un état psychédélique, et donc des expériences hallucinatoires très puissantes, en agissant sur le néocortex, la partie la plus élaborée du cerveau ».

Il y a néanmoins dans ce livre quelques passages que j’ai appréciés et trouvés plutôt justes… mais ils ne sortent pas de l’imagination de l’auteur. Il y a, par exemple, une légende amérindienne très souvent citée par les livres et articles sur le développement personnel : la légende du loup blanc et du loup noir.

« C’est l’histoire d’un vieil homme très âgé qui dit à son petit-fils : ‘Mon enfant, il y a deux loups en toi. Un loup blanc qui fait le bien, qui aide les autres, qui est juste. Et un loup noir qui fait le mal, qui est égoïste et méchant. Les deux mènent un combat à mort au sein de ton coeur. Sais-tu lequel va gagner ? – Non, grand-père’, répond l’enfant. Et le vieil homme lui dit : ‘Celui que tu nourris !' »

Voilà quelques-unes des raisons pour lesquelles je n’ai pas apprécié ce livre. Ça arrive, et peut-être que vous en aurez un autre ressenti !



Poster un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Lorsque vous postez un commentaire sur le blog, le nom indiqué dans la case "Prénom" ainsi que votre message apparaîtront publiquement. Votre adresse e-mail restera confidentielle.


Si vous aimez les articles du site, n'hésitez pas à faire vos achats sur Amazon.fr via ce lien ; il me permettra de toucher une commission grâce au programme Partenaires Amazon EU.