La femme qui ne vieillissait pas : la touchante exploration de Grégoire Delacourt


La femme qui ne vieillissait pas – Résumé

La vie de Betty a commencé comme celle de bien d’autres femmes, par les apprentissages d’une petite fille qui grandit. Les premiers bonheurs et les premiers drames : un père transformé par ce qu’il a vu lors de la guerre d’Algérie, une mère fauchée dans la fleur de l’âge…

Jusqu’à ce jour où Betty fait le constat, aussi fascinant que terrifiant, qu’elle ne vieillit plus. Trente ans un jour, trente ans toujours… mais cette éternelle jouvence donc beaucoup rêvent est-elle si idyllique ?


Auteur.
Taille du livre215 pages.
Note – ★★★★☆

La femme qui ne vieillissait pas, Grégoire Delacourt

La femme qui ne vieillissait pas – Avis sur le livre

Je n’ai pas aimé les premières pages de ce livre. Entrer dans la vie de cette femme, dans ses ressentis, expérimenter cette forme d’impudeur en se demandant où cela va nous conduire…

Puis j’ai commencé à apprivoiser Betty, sa candeur enfantine soudain déchiquetée par les drames familiaux : la guerre d’Algérie qui vole l’insouciance (et la jambe) de son père, une Ford Taurus qui emporte sa mère avant qu’elle ne soit vieille…

Et j’ai terminé le livre en trouvant qu’il s’agissait d’une très belle exploration du temps qui passe. Plus qu’un simple roman, La femme qui ne vieillissait pas de Grégoire Delacourt vous fait aimer la vieillesse.

Elle est parfois cruelle et ingrate, quand le corps lâche et que l’on se voit changer dans le regard de l’autre. Mais la jeunesse peut avoir la même cruauté, allant de pair avec des jalousies et des relations superficielles où l’apparence prend le dessus sur ce qui ne se fane pas.

Il y a dans ce roman une réflexion profondément vraie sur le « marketing de la jeunesse » et cette forme d’injonction paradoxale de notre société : ne pas vieillir, à tout prix, quitte à passer sous le bistouri et dépenser une fortune pour les promesses des crèmes anti-âge… et en même temps, vieillir tout de même car le contraire ne serait pas juste, ce serait tricher.

Certains passages résonnent d’une authenticité et d’une justesse remarquable, comme celui-ci sur la maternité, moment douloureux où Betty ressent plus que jamais l’absence de sa propre maman :

« J’aurais rêvé qu’elle soit à mes côtés, qu’elle me tienne la main, me rassure, m’encourage et hurle avec moi, car elle aurait hurlé avec moi, je le sais, elle aurait haleté à mon rythme, elle aurait eu chaud et froid, elle m’aurait appelée mon bébé une dernière fois, mon bébé, ma petite fille, et je l’aurais été une ultime fois avant de devenir une maman à mon tour, avant d’avoir peur pour toujours, peur d’un moustique qui vole trop près de lui, d’un chien curieux qui s’approche, peur de la scarlatine, de la mort subite du nourrisson, des microbes de la crèche, peur qu’il ne marche pas à un an, que sa courbe de croissance ne soit pas dans la moyenne, peur de ne pas savoir quoi faire, peur qu’il ne m’aime pas, peur de le décevoir – toutes ces peurs de mères qui sont autant de lieux d’amour ».

Si Betty, la héroïne de Grégoire Delacourt, garde l’apparence d’une femme de 30 ans, elle vieillit pourtant à l’intérieur… et c’est ce décalage qui suscite finalement une foule de réflexions.

C’est une invitation à accepter sereinement son reflet dans le miroir, avec l’idée que si la vie vous blesse ou qu’elle imprime des sillons sur votre visage, elle fait aussi de vous une personne riche, intéressante, capable de transmettre à son tour… Un épanouissement incomparable, en somme !


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