La Voleuse de livres, Markus Zusak : l’enfant qui échappait à la Mort


La voleuse de livres – Résumé

Après la mort de son petit frère, la jeune Liesel Meminger est confiée par sa mère à un couple habitant la petite ville de Molching, en Allemagne, pendant la Seconde Guerre mondiale.

Peu à peu, dans un environnement déchiré par la guerre, la fillette trouve sa place, entre le soutien de ses parents adoptifs, les Hubermann, le secret de Max, jeune juif caché dans leur sous-sol, l’amitié de Rudy Steiner et surtout, une passion émergente pour la lecture qui pousse un jour Liesel à dérober des ouvrages


Auteur.
Taille du livre640 pages.
Note – ★★★★☆

La Voleuse de livres, Markus Zusak

Avis sur le roman « La voleuse de livres » de Markus Zusak

Si vous recherchez une lecture intense et pleine d’émotions, « La voleuse de livres » de Markus Zusak est un choix idéal.

J’ai mis un moment à m’immerger dans l’histoire, dont la narratrice n’est autre que la Mort en personne, ce qui ne manque pas de dérouter au début. La Mort, à laquelle on découvre un visage souvent bienveillant lorsqu’elle nous décrit les milliers d’âmes qu’elle emporte avec elle, travailleuse acharnée mais pleine de compassion. Une narratrice qui, parfois, ne manque pas de cynisme.

L’histoire des horreurs de l’Holocauste est difficile à raconter, mais l’écriture est si captivante et les personnages si bien dessinés qu’il est impossible de ne pas poursuivre la lecture.

Ainsi, la Mort a-t-elle croisé à plusieurs reprises la route de la jeune héroïne, Liesel Meminger, sans se résoudre à l’emporter.

Au début du roman, Liesel Meminger n’est qu’une enfant. Une petite fille qui voit son jeune frère mourir sous ses yeux et sa mère disparaître dans la nature, pour des raisons qui ne s’éclairciront que bien plus tard dans sa vie. Aux obsèques de l’enfant, elle dérobe un premier ouvrage, qu’un jeune fossoyeur a laissé choir dans la neige.

Ce livre va l’accompagner tout au long de sa vie, premier d’une série de vols littéraires qui sont autant de jalons dans une histoire difficile.

Liesel Meminger est confiée aux bons soins du couple Hubermann, un abandon qui, comme elle le comprendra plus tard, est en réalité une preuve d’amour. Rosa Hubermann, la mère, est une femme travailleuse et peu patiente, qui ponctue chacun de ses discours d’une bordée d’injures. Elle pourrait nous sembler antipathique mais on découvre vite que son côté bourru cache un grand cœur et beaucoup de tendresse pour sa famille.

Son mari Hans Hubermann, peintre, voit peu à peu son carnet de commandes se vider à mesure que la guerre progresse. Sa gentillesse naturelle l’a poussé à rendre bien des services aux habitants de la ville imaginaire de Molching, y compris des Juifs… ce qui, face à la montée en puissance du nazisme, lui occasionne nombre de difficultés.

Malgré son petit niveau scolaire, Hans va faire tout son possible pour guider Liesel dans son apprentissage de la lecture, percevant le formidable appétit de la jeune fille pour les mots. Leurs échanges offrent un exemple réconfortant de bonté et de partage.

Au fil des pages, on s’immerge dans le quotidien de Molching. La peur qui plane dans l’air, les bombardements, les restrictions, les privations… Ceux qui se taisent, ceux qui collaborent et ceux qui résistent.

On découvre aussi l’insouciance des enfants : les petits moments de bonheur qui rendent l’horreur un peu plus supportable, comme l’amitié mi-taquine, mi-romantique entre Liesel et Rudy Steiner, les vols de pommes dans les champs pour tromper l’ennui et la faim… puis les vols de livres, encouragés par quelques adultes complices ayant compris la soif de connaissances de Liesel.

Et puis, un jour, le jeune Juif Max Vandenburg vient trouver refuge chez les Hubermann. Une clandestinité qui fait grandir Liesel, lui ouvrant d’autres horizons sur la vie, la confrontant au secret et à la nécessité du silence.

Le joli roman de Markus Zusak révèle le pouvoir des mots dans toute son étendue : les mots que l’on ne dit pas, ceux que l’on regrette, ceux que l’on aurait aimé prononcer, ceux que l’on dévore, ceux que l’on dérobe, ceux que l’on imagine… Et, derrière ces mots, c’est une histoire riche de sentiments qui se dessine.


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