Larguées, d’Éloïse Lang : 3 femmes à la recherche de l’équilibre !


Larguées – Résumé

Elles sont deux sœurs : Rose, femme décomplexée, entend profiter de sa jeunesse sans se poser de questions ; Alice, femme organisée, mène au contraire une vie rangée avec son mari et ses deux enfants.

Deux personnalités, un même problème : leur mère Françoise s’est fait larguer. Le père de famille l’a quittée, lui préférant une infirmière de 30 ans… qui se retrouve enceinte, qui plus est ! Dur à encaisser pour Françoise.

Alors ses filles ont décidé de prendre la situation en main : un avion vers la Réunion, une semaine de vacances en club… avec un seul objectif : lui remonter le moral !


RéalisateurÉloïse Lang.
Durée du film minutes.
Note – ★★★☆☆
Larguées, d'Éloïse Lang

Larguées – Critique

Le film d’֤Éloïse Lang a été pour moi une agréable surprise… car je ne suis habituellement pas friande de ce genre de comédie sur fond de club de vacances, qui à première vue souffrira forcément d’une comparaison avec le mythique Les Bronzés… et pourtant, j’ai passé un bon moment, avec un film qui réserve quelques éclats de rire et répliques savoureuses !

Trois femmes sont au cœur de cette histoire.

Rose (Camille Cottin) croque la vie à pleines dents sans se poser de questions. Elle ne ressent pas le besoin de s’assagir ou d’entrer dans le moule que la société cherche parfois à imposer aux femmes adultes – se marier, avoir des enfants, se « ranger ». Pour autant, elle ne renvoie pas l’image d’une femme déséquilibrée, bien au contraire ! Elle est pétillante, attachante… et souvent maladroite !

Sa sœur Alice (Camille Chamoux) ne lui ressemble pas du tout. Elle est déjà maman de deux enfants, épouse comblée… et un peu (beaucoup) control-freak sur les bords (comme le disait ma prof de français préférée, « et les bords sont larges »). Tout, dans sa vie, est parfaitement orchestré, sans un grain de sable dans le mécanisme.

La troisième femme de l’histoire, c’est leur mère, Françoise (Miou-Miou). A presque 60 ans, elle a été quittée, lâchement, par son mari qui lui a préféré une femme plus jeune. La trahison sentimentale a évidemment été terrible, à plus forte raison parce qu’elle a rappelé à Françoise qu’elle vieillissait.

Rose et Alice n’imaginent pas laisser leur mère déprimer… et ont donc mis sur pied un plan : l’emmener passer des vacances à la Réunion, avec l’espoir que ce décor paradisiaque lui change les idées et l’aide à remonter la pente.

Évidemment, le club de vacances va devenir le théâtre d’une foule de péripéties hilarantes car pour « sauver Maman », les deux sœurs vont imaginer des stratagèmes improbables… et commettre parfois des bourdes plus grosses qu’elles !

Larguées, d'Éloïse Lang
Larguées, d’Éloïse Lang

L’écriture d’Éloïse Lang est savoureuse, vous le savez peut-être déjà si vous avez regardé « Connasse », son programme court sur Canal+ qui a donné naissance à un long-métrage par la suite. Il se trouve que Connasse m’avait mise mal à l’aise : au lieu de « rire avec la connasse », je ressentais davantage le malaise de ses « victimes », si bien que ça ne m’amusait pas du tout. Pourtant, je percevais l’intelligence scénaristique derrière le concept…

Ici, j’ai retrouvé une plume fine et percutante, qui donne naissance à des répliques délicieusement impertinentes. Une définition du coup de soleil ? « Tu es blanche devant et rose fluo derrière, on dirait un Malabar bi-goût ». La ménopause ? « A partir de 50 ans, c’est l’empire des sens dans un monde de demi-molles ». Avoir couché avec un même mec ? C’est être « sœur de trou ».

Certes, nous ne sommes pas dans la poésie… mais une comédie n’a pas vocation à inspirer les mêmes réflexions que des vers d’Arthur Rimbaud ;)

Ce que j’ai aimé dans le film, c’est la forme d’authenticité et que l’on ressent derrière chacun des personnages, bien qu’ils aient des caractères en apparence assez caricaturaux. Les comédies reposent souvent sur des oppositions entre des êtres aux personnalités diamétralement opposées, comme c’est le cas ici avec Rose et Alice. Et souvent, ça ne va pas plus loin.

Dans Larguées, même si ça se chamaille et se taquine, même si parfois les réflexions fusent, chacun a la liberté de faire ses propres choix de vie : décider que l’épanouissement passe par le couple et la maternité (Alice)… ou au contraire par l’absence de contraintes familiales (Rose), considérer « qu’il n’y a pas de mal à se faire du bien »…

On ressent une absence de jugement très rafraîchissante de la part de la réalisatrice.

Par exemple, les femmes qui « couchent avec le premier venu » comme peut le faire Rose renvoient souvent au cinéma une image de « s*lopes », qui ne respectent pas leur corps… alors qu’ici, ça apparaît davantage comme un simple choix de la part d’une femme adulte qui a l’entière liberté de décider, en son âme et conscience, avec qui elle partage son lit.

On réalise bien vite que derrière des personnalités « extrêmes », chaque femme a un pas à faire vers l’ouverture d’esprit pour se sentir plus épanouie.

Rose, par exemple, perçoit le fait d’avoir des enfants comme quelque chose de profondément égoïste, pour éviter la solitude des vieux jours. Elle a sans doute des choses à apprendre de sa sœur pour concevoir que la maternité peut apporter d’autres richesses, même si elle ne souhaite pas elle-même devenir maman. De son côté, Alice ne sait pas lâcher prise (et encore moins couper le cordon !), elle gagnerait sûrement en bien-être en s’inspirant de sa sœur pour apprendre à se détacher de son envie extrême de tout maîtriser. Quant à Françoise, elle a tout simplement besoin de retrouver une estime d’elle-même blessée par sa rupture.

Chacune des actrices semble parfaitement à sa place dans son rôle… et vous allez peut-être me dire : mais où sont les hommes ?

Dans Larguées, les hommes sont présents… mais au second plan, au sens propre comme au sens figuré !

Il y a Ben, le mari d’Alice , dont les lignes de dialogue sont plus que limitées – ce qui ne fait que souligner l’attitude de mère poule rongée par l’inquiétude de sa femme. Ou encore un psychologue dépressif (Thomas Scimeca) en vacances avec son fils unique Félix (rôle dans lequel le petit Elliot Daurat est à croquer) : le premier vit terré dans sa chambre malgré le décor paradisiaque dans lequel il se trouve ; le second cherche à se changer les idées… et se prend d’affection pour la pétillante Rose.

Sans parler de Thierry (Johan Heldenbergh), animateur dans le club de vacances. Une image de séducteur pas franchement positive… mais qui a son utilité ;)

Larguées n’est pas un film que je reverrai encore et encore mais il m’a fait passer un bon moment. Il dégage une énergie très positive et optimiste, qui incite à lâcher du lest !


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