Le Horla, Guy de Maupassant


Le Horla – Résumé

Le Horla est un petit recueil de 14 nouvelles fantastiques publié en 1887. Il rassemble des histoires écrites entre 1882 et 1887. Fidèle à ses thèmes de prédilection, Maupassant y évoque la folie, la prostitution ou encore la vie des classes populaires en région.

Adoptant un style à la frontière entre réalisme et impertinence, il livre des histoires qui mettent en lumière les angoisses des hommes, leurs moments de faiblesse et d’éclat.

Si ces récits sont décrits comme « fantastiques », la plupart ne font pas intervenir le surnaturel, à l’exception de la nouvelle Le Horla qui a donné son titre au recueil. Ils racontent plutôt ces moments où des faits inattendus font irruption dans un quotidien ordinaire…


Auteur.
Taille du livre128 pages.
Note – ★★★★☆
Le Horla, Maupassant

Le Horla et autres nouvelles fantastiques – Critique

Le Horla est un recueil de nouvelles follement divertissant… car il nous montre des gens ordinaires confrontés à des situations extraordinaires. La notion de « conte fantastique » prend alors tout son sens car il se forme une sorte de conflit entre ce que les héros connaissent, leurs habitudes, leur (rassurante) petite vie bien rangée… et ces événements qui surviennent de manière impromptue, les prenant au dépourvu.

Le phénomène inexpliqué qui leur arrive les pousse à mener une vraie réflexion sur eux-mêmes, qu’il s’agisse de leur santé mentale, de leur passé ou de leurs mœurs. Maupassant semblait avoir une réelle fascination pour le thème de la folie. Thérapie personnelle ou pure curiosité, difficile de le dire… mais il a été concerné au premier chef par le sujet : sa mère était dépressive et il a vu son frère cadet Hervé être interné à de nombreuses reprises, pour finalement mourir à 33 ans après maints séjours à l’asile. Lui-même est touché assez jeune par la syphilis, une maladie sexuellement transmissible. Elle se développe lentement et finit par affecter profondément sa santé mentale. Il finira par en mourir en 1893.

Ce que j’aime chez Maupassant, c’est cette franchise du langage. Il ne cache rien tout en ouvrant souvent la porte aux interprétations et à l’analyse (encore aujourd’hui, les collégiens et lycéens doivent souvent travailler sur ses oeuvres !). Il est parfois totalement langue de vipère, comme dans la nouvelle Une famille où il décrit avec condescendance un homme devenu gras, bête et méchant. Il est souvent très humain aussi, soulignant les petites faiblesses qui sont le propre de l’homme. Parfois, elles se font pardonner et parfois, elles ne pardonnent pas… mais c’est toujours écrit et décrit avec une grande précision.

Maupassant fait de « l’humanité sans concession »… et qui n’empêche pas l’humour. Appeler « Beaurain » un personnage surpris en pleine partie de jambes en l’air, il fallait le faire !

L’écrivain Marcel Arland a un jour affirmé que l’oeuvre de Maupassant avait quelque chose « de complaisant, de vulgarisateur ». On lui a souvent reproché un manque d’empathie, peut-être à cause de son cynisme qui le pousse parfois à mettre les pieds dans le plat sur des sujets sensibles (religion, famille, morale, etc) sans prendre les pincettes habituelles. Mais c’est aussi cette plume précise, ce talent pour les descriptions d’une rigueur chirurgicale, qui font de lui un écrivain très agréable à lire à l’époque moderne.

Le Horla : résumé des nouvelles

Si vous êtes curieux d’en savoir plus, voilà un petit résumé des histoires qui composent ce recueil !

Le Horla – Un homme acquiert la certitude qu’une mystérieuse créature pénètre chez lui à la nuit tombée, se nourrissant exclusivement d’eau et de lait. Est-il en train de devenir fou, est-ce une hallucination liée à la fièvre dont il a souffert ? Il décide de faire la lumière sur ce mystère…

Amour – Le narrateur se souvient de la première fois où il a découvert le sens du mot « amour » au cours d’une partie de chasse aux canards.

Le Trou – Dans ce récit de pêche, un homme est accusé d’un meurtre et raconte aux juges dans quelles circonstances malencontreuses il s’est disputé avec un couple de passage qui lui avait « volé » son lieu de pêche favori.

Sauvée – Une femme trompée par son mari décide d’embaucher une femme de chambre ayant une seule mission : le pousser à la faute pour qu’elle puisse ensuite demander le divorce.

Clochette – Un enfant apprend la passion tragique qui a marqué la vie de Clochette, une couturière qu’il aimait beaucoup.

Le Marquis de Fumerol – Apprenant qu’un oncle est mourant et refuse tout sacrement religieux, la famille du Comte de Tourneville décide de mener une expédition pour le convertir in extremis ! Pas question que le vieux compromette le brillant avenir politique du Comte !

Le Signe – Une honnête femme mariée observe la voisine d’en-face, une prostituée qui, d’un signe discret, fait comprendre aux hommes qu’ils peuvent monter la voir. Elle est soudain prise de l’envie folle de faire ce signe à son tour.

Le Diable – Honoré Bontemps, un paysan peu fortuné, est sur le point de perdre sa mère âgée de 92 ans. Il doit pourtant à tout prix rentrer les blés et décide d’embaucher une vieille repasseuse du village pour veiller sa mère jusqu’à son décès. Mais comment la payer sans savoir combien de temps durera l’agonie ?

Les Rois – Des hussards trouvent refuge dans une maison bourgeoise et, fatigués de se battre, décident d’organiser un festin gargantuesque et d’y inviter des femmes. Mais aucune femme dans la commune ! En désespoir de cause, ils demandent de l’aide au curé du village.

Au Bois – Un homme est surpris en pleine action avec sa femme au beau milieu des bois. Pour se justifier devant l’homme de loi qui veut les condamner pour atteinte aux bonnes mœurs, la femme se met alors à raconter l’histoire de leur rencontre.

Une famille – Le narrateur retrouve un vieil ami après des années de séparation… et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il a bien changé !

Joseph – Ivres mortes, deux femmes bourgeoises discutent et l’une d’entre elles confie à son amie comment elle s’y prend pour séduire des hommes par pur amusement.

L’auberge – Deux hommes, l’un jeune, l’autre vieux, se retrouvent seuls pour garder un refuge de montagne totalement isolé pendant les longs mois d’hiver. Lorsque l’un des deux disparaît mystérieusement, l’équilibre mental de l’autre est remis en cause…

Le Vagabond – Un charpentier ne trouvant pas de travail part sur les chemins en chercher… et découvre qu’il est pris, partout, pour un vagabond.


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2 commentaires sur “Le Horla, Guy de Maupassant

  • Serena

    Coucou,
    J’aime beaucoup la plume de Maupassant, en particulier ses descriptions que je trouve tellement précises et bien écrites !
    Des bisous à toi :)

    Répondre à Serena
    • Allée des Curiosités

      Je te rejoins totalement, j’aime tellement sa capacité à nous transporter dans son époque et je trouve qu’il reste étonnamment au goût du jour malgré l’âge de ses œuvres.

      Répondre à Allée
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