Le K ne se prononce pas, Souvankham Thammavongsa : instants de vie du Laos



Le K ne se prononce pas – Résumé

La plume délicate de Souvankham Thammavongsa capture des tranches de vie de réfugiés laotiens ayant quitté leur pays ou de leurs enfants. Parfois intégrés, parfois déracinés, souvent pauvres, souvent différents des autres, ils sont confrontés à la dure réalité de vivre dans un environnement qui n’est plus le leur ou celui de leurs parents.

Avec subtilité et simplicité, l’auteur saisit leurs pensées, leurs traditions, leur refus parfois de l’assimilation pour préserver coûte que coûte leur culture d’origine…


Auteur.
Taille du livre115 pages.
Note – ★★★★☆

Le K ne se prononce pas, Souvankham Thammavongsa

Avis sur Le K ne se prononce pas de Souvankham Thammavongsa

Le livre de Souvankham Thammavongsa raconte le déracinement avec beaucoup de délicatesse, capturant de chapitre en chapitre des tranches de vie éparses, incursions furtives dans la vie de familles ou d’êtres ayant tous un lien avec le Laos.

L’auteur elle-même, poétesse, est née dans un camp de réfugiés laotiens à Nong Khai, en Thaïlande, quelques années après la fin de la guerre civile au Laos. Elle a ensuite pu émigrer au Canada avec ses parents et c’est là qu’elle a grandi. Elle connaît donc sans doute mieux que quiconque ce rapport particulier à leurs racines qu’ont les réfugiés… et le ressenti différent qui peut exister entre les générations.

Dans « Le K ne se prononce pas », on ressent parfois cet écart, entre les parents qui vivent avec la nostalgie de leur vie d’avant, de cette culture et de ce pays auxquels ils ont été arrachés… et leurs enfants, qui ont grandi ailleurs, avec une autre langue et une autre culture au quotidien.

Chaque chapitre vous raconte une petite histoire, très courte, écrite avec beaucoup de simplicité et d’authenticité. Chacune abrite des sentiments que j’ai trouvés très profonds : le souhait des parents d’offrir à leurs enfants une vie meilleure que celle qu’ils ont connue, les longues heures de travail éreintant qu’ils subissent sans se plaindre pour leur famille, les injustices – le racisme latent ? – dont ils font l’objet, la volonté d’assimilation de certains, la méfiance que ressentent d’autres…

Et il y a une déchirure permanente entre cette identité d’origine et celle que l’on adopte pour s’intégrer, avec, parfois, un nouveau prénom. Et, dans un couple, des chemins qui peuvent prendre des directions différentes quand l’un souhaite s’immerger pleinement dans sa nouvelle vie et l’autre souhaite préserver ses attaches à son pays de naissance.

« – Jay. Les gens forment ce genre d’amitié dans ce pays.
Il a cru un instant qu’elle parlait de quelqu’un d’autre, ou à quelqu’un d’autre. Puis il a réalisé que c’est ainsi qu’il s’appelait maintenant. Jay. Comme geai bleu en anglais. Un petit oiseau, un point dans le ciel. Il voulait rappeler à sa femme qu’il s’appelait Jai.
– Ca veut dire cœur en lao ! voulait-il crier.
Mais elle lui rappellerait que les hommes dans ce pays n’élevaient pas la voix contre les femmes. Ou elle lui dirait de pratiquer son anglais.
– Personne ici ne sait que Jai veut dire cœur, disait-elle. Qu’importe le sens ?
En anglais, ça n’en avait pas. Et l’anglais était la seule langue qui comptait en ce lieu ».

Un livre très touchant à découvrir !


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