Le Tour d'Écrou, Henry James - Résumé et critique

Le Tour d’Écrou, Henry James : apparitions surnaturelles ou crise de folie ?



Le Tour d’Écrou – Résumé

Une jeune institutrice de vingt ans accepte une place dans une grande demeure, où elle doit assurer l’éducation morale et intellectuelle de deux enfants, Flora et Miles.

Elle apprend rapidement de Mrs. Grose, la gouvernante, que la précédente institutrice, Miss Jessel, exerçait une très mauvaise influence sur les enfants. Même chose pour le domestique et valet de chambre du maître, Peter Quint.

Un jour, l’institutrice croit apercevoir un homme au sommet de l’une des tours de la vieille maison…


Auteur.
Taille du livre216 pages.
Note – ★★★★☆

Le Tour d'Écrou, Henry James

Le Tour d’Écrou – Avis sur le livre

Le roman d’Henry James est extrêmement déroutant, poussant le lecteur à se demander en permanence s’il s’agit d’une histoire fantastique ou d’un récit psychologique aux confins de la folie.

Écrit au 19e siècle (avec, donc, un langage du 19e siècle qui peut dérouter certains lecteurs dans la formulation des phrases !), le roman débute la nuit de Noël, dans une vieille maison où les invités se racontent des histoires au coin du feu. Un homme, Douglas, laisse entendre qu’il connaît lui aussi une histoire, qu’il décrit comme « un ensemble de hideur, de douleur et d’horreur infernales ».

Pressé par le groupe, il finit par raconter l’histoire… et nous transporte dans un décor très typique de l’époque, à travers le journal d’une jeune institutrice : une grande bâtisse, avec ses domestiques. La jeune femme, issue d’un milieu modeste, se voit confier la responsabilité de prendre en charge l’éducation de deux orphelins, Miles et Flora, dont les parents sont morts aux Indes.

Ils ont été recueillis par un oncle, qui souhaite visiblement se tenir à l’écart de leur quotidien et des tracas associés. L’homme s’en remet intégralement à l’institutrice pour prendre toutes les décisions nécessaires au sujet des enfants.

Le Tour d'Écrou, Henry James
Le Tour d’Écrou, Henry James

Rapidement, la jeune femme entrevoit dans la maison deux apparitions, deux spectres : celui d’un homme, et celui d’une femme. Ils suscitent en elle un profond malaise et lorsqu’elle finit par s’en ouvrir à la gouvernante de la maison, la bienveillante Mrs. Grose, celle-ci identifie aussitôt de qui il s’agit : l’ancienne institutrice, Miss Jessel, une femme qui exerçait une mauvaise influence sur les enfants… et Peter Quint, le valet de chambre du maître de maison, lui aussi peu recommandable.

Tous deux étant morts et enterrés, que signifient ces apparitions ? S’agit-il d’un phénomène surnaturel ou est-ce une hallucination dont serait victime une institutrice perturbée psychologiquement ?

Le livre est nimbé de ce doute quant à l’interprétation à donner aux événements… et donne aussi des enfants une vision assez étrange. Dans les yeux de leur institutrice, ils semblent auréolés de perfection : « Leur beauté plus qu’humaine, leur sagesse, absolument anormale » mentionne-t-elle à leur sujet. Ils sont en effet beaux, intelligents, affectueux, attentionnés, une attitude qui paraît elle-même presque « surnaturelle ».

Ils partagent une étrange intimité, dont le garçon en particulier – Miles – semble se jouer pendant une partie du récit, ce qui m’a fait penser aux écrits de Freud sur la sexualité infantile. Henry James était un contemporain de Freud, il a publié Un tour d’écrou en 1898 alors que Freud avait déjà ébauché ses premiers travaux sur la théorie de la séduction, l’idée qu’un enfant victime d’abus sexuels puisse ensuite développer des troubles à l’âge adulte.

Par ailleurs, le frère d’Henry James est un célèbre psychologue, William James. Il a beaucoup travaillé sur la notion de conscience, mais aussi sur les liens entre sensations, perceptions et croyances… des thèmes qui peuvent aussi servir de prisme d’analyse à l’oeuvre d’Henry James. En effet, dans Un tour d’écrou, on se demande souvent si l’institutrice s’appuie sur des perceptions réelles, ou si elle développe ses propres croyances en se persuadant que son imagination correspond à la réalité.

Dans le roman d’Henry James, on s’interroge jusqu’au bout sur ce qui est réel et ce qui est fantasmé… avec une fin relativement ouverte qui se prête à de nombreuses interprétations ! Intéressant quand on aime la gymnastique intellectuelle ;)



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