Les enfants du fleuve, Lisa Wingate : enfances volées sur le Mississippi


Les enfants du fleuve – Résumé

Avery Stafford est fille de sénateur. Un jour, alors qu’elle accompagne son père en visite dans une maison de retraite de la région, une pensionnaire – May Crandall – croit reconnaître en elle une femme de son passé.

L’étonnement d’Avery grandit quand elle découvre dans la chambre de la dame âgée un cliché qui lui rappelle sa propre grand-mère… Avery Stafford commence à s’interroger sur son passé : sa famille cache-t-elle un secret ?

Percer le mystère de cet héritage exige de remonter à l’année 1939, lorsque la petite Rill Foss, âgée de 12 ans, est enlevée avec ses frères et sœurs sur la péniche où elle vivait avec ses parents, sur les bords du Mississippi. Confiée à un foyer d’accueil, elle comprend rapidement qu’elle va devoir laisser derrière elle sa vie d’enfant du fleuve.


Auteur.
Taille du livre448 pages.
Note – ★★★★☆

Les enfants du fleuve, Lisa Wingate

Les enfants du fleuve – Avis sur le livre

J’étais un peu sceptique en parcourant les premières pages du roman Les Enfants du Fleuve de Lisa Wingate, paru aux Éditions Les Escales. En effet, chaque chapitre vous entraîne dans le quotidien d’un personnage et lorsque ceux-ci ne sont pas encore familiers, la lecture a quelque chose de déroutant. Pourtant, j’ai vite été happée par le mystère familial au cœur de l’intrigue…

L’histoire se joue d’abord au passé, à la fin des années 30, sur les bords du Mississippi aux États-Unis. Rill Foss, 12 ans, habite sur un bateau avec ses quatre petits frères et sœurs et ses parents, Briny et Queenie. Ils vivent de peu mais le dénuement ne les empêche pas d’être heureux, pleins de vie et d’imagination comme on peut l’être à cet âge.

Jusqu’au jour où Queenie, enceinte de jumeaux, connaît un accouchement difficile et où Briny confie la garde des petits à Rill le temps d’accompagner la future maman à l’hôpital. Pendant que les parents sont absents, Rill est enlevée avec ses frères et sœurs et jetée dans un foyer où elle comprend vite qu’elle va être proposée à l’adoption…

Les enfants du fleuve, Lisa Wingate
Les enfants du fleuve, Lisa Wingate – Image du Mississippi

Autres chapitres, autre vie : celle d’Avery Stafford, fille d’un sénateur influent et avocate de talent. Tout la prédestine à suivre les traces de son père, si bien qu’elle l’accompagne dans ses déplacements comme celui qu’il effectue dans une maison de retraite de la région.

Une pensionnaire, May Crandall, semble confondre Avery avec une certaine « Fern », une femme de son passé sans doute… Quel crédit accorder aux propos d’une dame âgée qui est probablement un peu perturbée par son emménagement récent dans la maison de retraite ?

Avery oublie vite l’épisode, jusqu’à ce qu’elle tombe, dans la chambre de May, sur la photo d’une femme qui ressemble comme deux gouttes d’eau à sa grand-mère. Mais Mamie Judy souffre de la maladie d’Alzheimer, ce n’est donc pas elle qui renseignera Avery sur une éventuelle connexion familiale entre les Crandall et les Stafford.

Peu à peu, au fil des pages, on découvre comment le destin a ballotté les petits Foss dans les foyers du Tennessee… construisant jusqu’au présent une histoire aussi touchante que profonde.

Lisa Wingate s’est inspirée de faits réels, ce qui donne au récit un côté glaçant et met en lumière le traitement désastreux des orphelins dans les foyers du Tennessee placés sous l’égide de Georgia Tann, dans les années 1930-1940. Cette femme avait mis sur pied un véritable trafic d’enfants, par appât du gain, et n’a jamais payé pour ses actes car elle est décédée d’un cancer de l’utérus (oh, l’ironie !) avant d’avoir pu être jugée.

Ainsi, si l’histoire des enfants du fleuve est une fiction, elle prend néanmoins appui sur une situation bien réelle. Des petits issus de familles pauvres et/ou peu éduquées étaient arrachés à leurs parents, bien souvent sans que ceux-ci ne comprennent la nature des documents d’abandon qu’on leur faisait signer… puis revendus à des familles aisées en mal d’enfant, très loin de se douter de ce trafic.

Combien d’histoires familiales ont-elles ainsi été brisées, distordues, construites sur un mensonge ?

« Je lève la main, et ce n’est que lorsque ma sœur cligne, cligne, cligne des yeux que je vois ce que je suis en train de faire.

Je la lâche sur le lit, me détourne, m’attrape les cheveux et tire jusqu’à ce que ça me fasse mal. Je veux me les arracher tous. Jusqu’au dernier. Je veux connaître une douleur que je comprends au lieu d’une agonie que je ne comprends pas. Je veux une douleur qui ait un début et une fin, pas une qui dure encore et encore et qui tranche jusqu’à l’os.

La douleur me change en quelqu’un que je ne connais même pas ».

Evidemment, il s’agit d’une situation révoltante et plonger dans l’histoire de Rill Foss m’a davantage captivée que les interrogations d’Avery Stafford sur son identité, ses choix professionnels et amoureux.

Le roman de Lisa Wingate n’a pas vocation à raconter ce trafic d’enfants à la manière d’un documentaire mais à en faire la toile de fond d’une histoire moins « chargée » émotionnellement que la réalité. On ne peut pas dire que les développements de l’intrigue soient surprenants… mais ils vous emportent avec fluidité et beaucoup d’émotion.


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