Les femmes du bus 678, Mohamed Diab


Les femmes du bus 678 – Résumé

Elles sont trois femmes à devoir affronter chaque jour, au Caire, le harcèlement sexuel que leur fait subir la gent masculine.

Propositions déplacées, frôlements indécents dans le bus bondé, insistance et non respect de leurs souhaits.

L’envie de lutter par un geste fort contre ces agressions quotidiennes est bien là… mais les femmes peuvent-elles lutter dans une société qui leur accorde peu de place ?

Et jusqu’où oseront-elles aller ?


RéalisateurMohamed Diab.
Durée du film minutes.
Note – ★★★☆☆

Les femmes du bus 678, Mohamed Diab

Les femmes du bus 678 – Critique

Avec Les femmes du bus 678, Mohamed Diab fait le pari audacieux de parler d’un sujet tabou : le harcèlement que subissent les femmes au quotidien, qu’il s’agisse du harcèlement de rue ou du harcèlement sexuel au sein même d’un couple lorsque le mari exige que la femme « accomplisse son devoir conjugal ».

A travers l’histoire de trois femmes – dont les destins finissent par se rejoindre au fil de l’intrigue, il raconte une société où il paraît impossible d’être considérée quand on est née femme. Une société où les victimes sont accusées de tous les maux et de tous les torts.

Sa première héroïne, Faïza, est une femme voilée, mariée et mère de famille. Elle doit chaque jour pour aller travailler emprunter le bus 678, un véhicule bondé où les corps se pressent les uns aux autres et où certains hommes exploitent cette promiscuité pour satisfaire leurs désirs.

Les femmes du bus 678, Mohamed Diab

La seconde femme, Nelly, est jeune et amoureuse, bientôt fiancée. Elle aimerait percer dans la comédie mais les salles, où la majorité écrasante des spectateurs sont des hommes, rient rarement à ses traits d’humour. Alors, elle gagne sa vie dans un centre d’appels où elle subit chaque jour les remarques provocatrices de ses interlocuteurs.

La troisième femme, Seba, mène une vie aisée et tient sa propre boutique… mais un soir, après un match de foot, elle est agressée par des hommes en présence de son mari. Suite à cette expérience, elle décide de proposer des cours de self-défense pour les femmes.

Trois profils, trois personnalités plus ou moins extraverties et plus ou moins modernes, qui en arrivent à ressentir le même dégoût vis-à-vis du harcèlement incessant dont elles font l’objet.

Les femmes du bus 678 est un film dur, très dur… car on perçoit à la fois la détresse de ces femmes et leur sentiment d’impuissance dans un pays où nul ne semble prendre leurs plaintes au sérieux : on prétend volontiers qu’elles sont coupables ; on soupçonne qu’elles ont aguiché leurs agresseurs, qu’elles ont été mal éduquées.

On veut préserver sa réputation mais à quel prix ? Celui de la loi du silence. Subir, ne pas parler, ne pas porter plainte, ne pas faire de vagues.

Alors c’est épuisant moralement de regarder ce film. Frustrant car on ne peut agir. Terrible d’injustice et de souffrance.

Le thème ne manque pas d’intérêt et d’importance. Cependant, j’ai trouvé l’interprétation décevante, avec certaines séquences où le jeu d’acteur sonne faux. Néanmoins, si vous vous intéressez à la condition féminine, c’est un film qui mérite d’être vu car il déverse des torrents d’émotion et de révolte…


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