Les fleurs d’Hiroshima, Edita Morris : survivants de la bombe atomique


Les fleurs d’Hiroshima – Résumé

Yuka et sa petite sœur Ohatsu, 17 ans, mènent une existence modeste à Hiroshima, des années après avoir survécu à la bombe atomique larguée sur la ville et vu leur mère mourir dans d’atroces souffrances.

Lorsqu’elles décident d’héberger temporairement sous leur toit un jeune américain qui séjourne au Japon, Sam Willoughby, les deux jeunes femmes ont bien du mal à lui dissimuler les secrets liés à la tragédie d’Hiroshima : les cicatrices, les amis qui n’ont plus d’oreilles, Fumio – le mari malade de Yuka, leur statut de paria dans une société qui veut oublier la bombe, la menace de donner naissance à des enfants difformes à cause des radiations…

Peu à peu, Sam lève le voile sur la réalité…


Auteur.
Taille du livre128 pages.
Note – ★★★★☆

Les fleurs d'Hiroshima, Edita Morris

Survivants de la bombe atomique

Rien ne prédestinait Edita Morris, romancière suédoise, à s’intéresser à l’histoire d’Hiroshima. Mais elle a découvert le vécu des habitants de la ville martyre en voyageant aux côtés de son mari, l’écrivain américain Ira Morris et, profondément marquée par la ville, lui a dédié ce roman.

En 1957, deux ans avant la publication des Fleurs d’Hiroshima en anglais, elle a d’ailleurs fondé avec son mari une maison de repos dédiée aux survivants de la bombe atomique, la Hiroshima House Of Rest (il existe quelques photos sur le site de la ville d’Hiroshima).

Ce livre prend donc racine dans l’émotion bien concrète ressentie par l’auteur sur le terrain. Il retrace l’histoire de deux jeunes femmes que l’on sent meurtries dès les premières pages par le drame qu’elles ont vécu quinze ans plus tôt. Yuka était alors adolescente, Ohatsu une petite fille de 2 ans, lorsque le 6 août 1945 à 8h16, la bombe atomique « Little Boy » s’est écrasée sur leur ville, Hiroshima.

Elles ont vécu les brûlures, les cicatrices profondes qui ne guérissent pas, elles ont vu autour d’elles des gens brûler vifs et des images d’horreur, comme celle de leur propre mère allant se noyer dans le fleuve, la peau carbonisée et les cheveux en flammes. Un traumatisme encore à vif dans leur esprit.

Au fil des années, elles ont subi l’après-Hiroshima. Une frange de la population traitée en paria, exclue de la société, que l’on cache. Condamnés à exercer des emplois précaires, qu’ils cumulent souvent pour joindre les deux bouts, les rescapés continuent à subir la sanction d’un crime qu’ils n’ont pourtant pas commis.

Dans le roman d’Edita Morris, l’existence des deux jeunes femmes se retrouve soudain troublée par l’arrivée d’un jeune américain, Sam Willoughby, qui séjourne au Japon pour son travail. Elles proposent de l’héberger malgré leurs conditions de vie modestes, cette location leur offrant un peu de répit financier. Mais elles réalisent vite à quel point il est difficile de cacher à Sam les secrets d’Hiroshima.

Portées par le souci de la bienséance si fort dans la culture japonaise, elles contournent avec une grande finesse ses interrogations et ses remarques… jusqu’au stade où ce n’est plus possible.

A travers leur histoire, on explore la pudeur japonaise, un respect profondément ancré en chaque citoyen, où les émotions bien souvent ne se disent pas mais se communiquent avec subtilité. On découvre la situation révoltante des survivants, qui doivent se contenter de miettes de vie, condamnés par les radiations.

Un traumatisme qui n’est pas seulement physique mais aussi psychologique : les femmes, par exemple, savent qu’elles peuvent engendrer des enfants eux-mêmes victimes de malformations. Idem pour la génération suivante.

Edita Morris livre un roman plein de sensibilité sur ce terrible épisode de l’histoire.


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