Les oubliés du dimanche, Valérie Perrin : incursion dans une maison de retraite


Les oubliés du dimanche – Résumé

Justine Neige a 21 ans et exerce comme aide-soignante dans une maison de retraite, Les Hortensias. Malgré son jeune âge, elle trouve un épanouissement certain à tendre une oreille attentive aux histoires de ses pensionnaires.

Parmi eux, Hélène Hel, née en 1917, dont elle a entrepris de coucher l’histoire dans un cahier.

Si Justine se plaît tant dans cet environnement d’anciens, c’est peut-être parce qu’elle a dû vieillir plus vite depuis le jour où ses parents sont décédés dans un accident de voiture.


Auteur.
Taille du livre416 pages.
Note – ★★★★☆

Les oubliés du dimanche, Valérie Perrin

Les oubliés du dimanche – Avis sur le livre

Valérie Perrin nous confie cette histoire avec beaucoup de délicatesse et de douceur et, que l’on aime ou non le roman Les Oubliés du dimanche, il s’en dégage en tout cas une profonde bienveillance.

On pourrait dire que c’est une « histoire de vieux » mais hélas, on croirait à tort être guetté par l’ennui. Alors on dira plutôt que ce sont des trajectoires de vie qui se croisent en un décor : la maison de retraite des Hortensias, dans la petite ville de Milly.

Justine, 21 ans, y travaille comme aide-soignante… et même si son emploi ne fait pas rêver la plupart des jeunes de sa génération, elle s’y plaît énormément, réceptive et sensible au vécu de tous les résidents. Un vécu fait de grands amours et de drames, de maladies et d’oubli, d’abandons et de retrouvailles.

Un univers auquel Justine n’est pas étrangère : elle vit elle-même chez ses grands-parents, qui l’ont élevée avec son cousin Jules après que leurs parents respectifs sont décédés par un dimanche matin qui devait être semblable à tous les autres. Ils se rendaient à un baptême quand ils ont perdu le contrôle de leur voiture et terminé son parcours dans un arbre. Bilan : 4 morts, 2 orphelins, des parents à jamais pétrifiés par la tragédie.

Si le drame a façonné l’enfance de Justine, qui se souvient des silences et des dimanches au cimetière du village à déposer des fleurs sur leur tombe, la jeune femme ne s’y réduit pas.

Elle témoigne aussi d’une immense empathie pour les pensionnaires des Hortensias, en particulier Hélène Hel, la dame de la chambre 19, celle que le personnel surnomme « la dame de la plage ». Hélène se croit toujours sur le sable chaud, loin de cette petite chambre où elle semble vouée à finir ses jours, murée dans un passé heureux avec le grand amour de sa vie, Lucien. Lucien, qui lui avait fait le plus beau des cadeaux : lui apprendre à lire, elle, la dyslexique qui se croyait idiote.

Les oubliés du dimanche, Valérie Perrin
Les oubliés du dimanche, Valérie Perrin

Justine écrit l’histoire d’Hélène dans un cahier dès qu’elle en trouve le temps. Elle est, plus que d’autres sans doute, consciente du respect qu’il faut donner à ces histoires de vie. Elle y trouve de la joie, de l’amour, des moments heureux… qui rehaussent un présent trop souvent marqué par la solitude et les repères perdus.

« Les anciens se sauvent, mais ils ne savent pas où aller. Ils ont oublié le chemin qui retourne vers avant. « Chez-eux » a été mis en vente pour payer les mensualités de leur séjour aux Hortensias. Leurs jardinières sont vides et leurs chats placés. Leurs chez-eux n’existent plus que dans leurs têtes, leurs bibliothèques personnelles. Ces bibliothèques où j’aime passer des heures ».

Bon nombre de pensionnaires ne reçoivent jamais de visites… jusqu’à ce qu’un « corbeau » passe de mystérieux appels depuis la maison de retraite. Il contacte les familles des résidents, prétend que ceux-ci sont décédés. Et subitement, tous ces « oubliés du dimanche » se mettent à voir revenir leurs proches.

Les histoires se croisent et s’entrecroisent : Justine explore la vie d’Hélène Hel autant qu’elle tente de mettre des mots sur la mort de ses parents, qui a toujours été entourée de non-dits dans son entourage proche.

C’est tendre, délicat, émouvant, avec une plume qui m’a paru très juste dans le récit qu’elle fait du quotidien d’une maison de retraite. Ayant travaillé dans des services hospitaliers « long séjour » quand j’étais étudiante, j’ai souri en lisant certaines anecdotes qui m’ont rappelé cet épisode très enrichissant de ma vie.

Si vous aimez les romans feel-good, qui mettent du baume au cœur sans pour autant être d’une plate niaiserie, le livre Les oubliés du dimanche de Valérie Perrin pourrait bien vous séduire !


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