Room, Lenny Abrahamson : un film exceptionnel - Critique et résumé

Room, Lenny Abrahamson : un film exceptionnel



Room – Résumé

Joy Newsome avait 17 ans quand elle a été enlevée par un homme qui prétendait avoir besoin de son aide pour son chien malade. Depuis, elle vit enfermée dans un abri de jardin avec son fils Jack, 5 ans.

Pour Jack, cette pièce, la « Room », est tout ce qu’il a connu. C’est son monde mais surtout, c’est « le monde ». Le petit garçon est loin de s’imaginer que ce qu’il voit défiler sur l’écran de la télévision – les crocodiles, les arbres, les chiens – est réel. Mais un jour, Joy sent qu’elle doit tenter le tout pour le tout pour se sortir de l’enfer du kidnapping…


RéalisateurLenny Abrahamson.
Durée du film minutes.
Note – ★★★★★

Room, Lenny Abrahamson

Room – Critique

Room est un film absolument bouleversant, servi par l’interprétation exceptionnelle que livre le tandem Jacob Tremblay (Jack)/Brie Larson (Ma/Joy Newsome).

C’est l’histoire d’un kidnapping, adaptée d’un roman d’Emma Donoghue. Joy avait 17 ans, c’était une adolescente comme tant d’autres, sportive, insouciante, à qui sa maman répétait qu’il fallait aider les autres. Alors, ce jour-là, quand « le vieux Nick » (Sean Bridgers), un homme du quartier, a prétendu que son chien était malade et qu’il avait besoin d’aide, Joy l’a suivi.

Et Nick l’a kidnappée, l’enfermant dans un cabanon de jardin. Et Nick l’a violée. Et elle a mis au monde un enfant, Jack, aujourd’hui 5 ans.

Le film explore le quotidien de ce duo mère/fils qui grandit dans un tout petit espace confiné, la « Room ». Si Joy a connu le monde extérieur, ce n’est pas le cas de son fils Jack. Ce qu’il connaît de l’extérieur, il le découvre par le biais du tout petit écran de télévision à l’image tressautante installé dans leur logement de fortune.

Un monde en 2 dimensions, où imaginaire et réalité se confondent… et où Jack pense que c’est la magie qui permet de générer les objets palpables qui intègrent la « Room ».

Room, Lenny Abrahamson
Room, Lenny Abrahamson

Jusqu’au jour où Joy sent qu’elle doit parler à son fils. Lui dire la vérité, lui raconter ce monde extérieur qu’il ne connaît pas. Dans un sursaut d’instinct de survie ou d’intuition, elle sent qu’il faut quitter la Room au plus vite. Mais comment convaincre Jack que sa réalité, celle qu’il connaît depuis sa naissance, n’est pas « la » réalité ?

Jack : Ils sont où, tous les trucs dont tu parlais ? Les arbres, les chiens, les chats et l’herbe ?
Ma : C’est que… on ne peut pas les voir, d’ici, parce que la fenêtre elle est dans le toit et pas sur les côtés.
Jack : T’es juste en train de me raconter des bêtises !
Ma : Non.
Jack : Menteuse, menteuse, tu n’es qu’une sale menteuse !
Ma : Jack ! Je ne pouvais pas t’expliquer ça avant parce que tu étais trop petit, tu étais trop petit pour comprendre alors j’ai dû inventer une histoire. Mais… maintenant, je fais l’inverse. Je fais l’inverse d’un mensonge, je suis en train de dé-mentir parce que maintenant, tu as 5 ans. Tu as 5 ans et tu es assez grand pour comprendre ce qu’est le monde. Il faut que tu comprennes ! Il faut que tu comprennes ! On ne peut plus continuer à vivre comme ça, il faut que tu m’aides.
Jack : Je veux avoir encore 4 ans.
Ma : Tu te rappelles qu’Alice n’a pas toujours été au Pays des Merveilles ?
Jack : Elle est tombée au fond d’un grand, grand, grand trou.
Ma : Eh bien moi, je n’ai pas toujours été dans la « Room ». Je suis comme Alice. Avant, j’étais une petite fille qui s’appelait Joy.
Jack : Non !
Ma : Et j’habitais dans une maison avec ma maman et mon papa.

Et Ma raconte l’enlèvement, cette vie d’avant et cette vie d’après. Ces dialogues, si simples, sont criants de vérité, d’une justesse terrible.

Le film de Lenny Abrahamson parle du fait d’être là l’un pour l’autre, du référentiel que l’on choisit comme « monde » et comme havre de paix, de la difficulté à se sortir des griffes d’un prédateur mais aussi à se relever d’un traumatisme aussi intense, qu’il soit question de soi-même ou de ses proches.

C’est, au fond, une histoire d’amour : l’amour d’une mère pour son fils et d’un fils pour sa mère ; l’amour qui résiste aux épreuves et celui qui n’y résiste pas… L’amour, qui se cache dans de petits gestes simples comme le fait de faire un gâteau ensemble, qu’importe si le décor est celui d’une pièce fermée par un code.


Jacob Tremblay, qui n’avait que 7 ans lorsqu’il a été choisi pour jouer le rôle de Jack, est impressionnant, a fortiori quand on sait qu’il n’avait pas la « vue d’ensemble du scénario ». Trop petit pour le comprendre dans toute sa richesse, il se faisait expliquer chaque scène une par une au moment de la tourner.

Pour apporter davantage de réalisme à l’histoire, la « Room » a été recréée en studio et toutes les scènes y étaient filmées de l’intérieur afin de donner l’impression au spectateur d’être immergé dans cet espace clos. Les acteurs avaient eux-mêmes contribué à décorer la pièce pour qu’elle ait une résonance plus personnelle.

Et cette sincérité est si présente, si crédible, que l’on reste happé par cette histoire du début à la fin. Remarquable !



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