Le temps est assassin, Michel Bussi


Le temps est assassin – Résumé

En 2016, Clotilde Idrissi revient pour la première fois sur les lieux de l’accident qui a coûté la vie à ses parents et à son frère aîné, Nicolas. C’était en 1989, sur la pointe de la Revellata aux portes de Calvi, la voiture qui s’emballe et ne répond plus sur une route en lacets, fonçant droit vers le précipice… Clotilde était alors adolescente, un brin rebelle, s’identifiant à Lydia Deetz dans le film Beetlejuice et décortiquant dans son journal intime les amourettes des autres ados du camping…

27 ans plus tard, c’est accompagnée par son mari et par sa fille Valentine que Clotilde revient au camping des Euproctes, dans les décors de son enfance. Mais le pèlerinage sur les traces du passé révèle bien vite des informations étonnantes : des non-dits, d’étranges coïncidences, des confidences qui laissent planer le doute sur le caractère accidentel de la mort de sa famille.

Clotilde, pressentant qu’un énorme secret se cache derrière la tragédie, part en quête de réponses… mais à quoi s’expose-t-elle en remuant ainsi le passé ?


Auteur.
Taille du livre400 pages.
Note – ★★★★☆

Le temps est assassin, Michel Bussi

Le temps est assassin – Critique

Michel Bussi revient au moment parfait afin de nous livrer un roman taillé pour les vacances ! On y retrouve une plume légère et fluide, qui permet d’enchaîner les pages sans voir le temps passer. Il y flotte ce petit quelque chose de frais et divertissant qui sent bon les après-midis passés à lire sur la plage ou dans un jardin.

On plonge dans le décor sauvage et attirant de la Corse , à deux pas de Calvi, sur la très belle pointe de la Revellata. Dans le roman, la région appartient en grande partie à la famille Idrissi, qui préserve jalousement l’intégrité de ces terres indomptées en interdisant toute construction susceptible de dénaturer le paysage.

Seul le camping des Euproctes offre un havre de paix aux touristes qui veulent s’abreuver de l’âme corse… Sa plage, ses chemins qui serpentent dans le maquis, son phare et ses bergeries, l’endroit ne manque pas de charme et l’on sent presque en lisant les parfums envoûtants des herbes sèches et du brocciu.

C’est là que Clotilde vient passer l’été avec son mari Franck et sa fille Valentine. Son couple traverse les années avec le calme rassurant d’une routine bien établie et Clotilde semble n’attendre rien d’autre de ces vacances que l’occasion de faire découvrir à sa famille l’endroit où, enfant, elle a passé tant d’étés heureux. L’endroit, aussi, où l’insouciance a volé en éclats au détour d’un virage.

27 ans plus tôt, sur une route en lacets, la Fuego que conduisaient ses parents a foncé droit vers le ravin, s’abîmant dans le vide et tuant, dans sa chute, les parents et le frère de Clotilde. Les corps, elle les a vus. La voiture, elle était dedans. Elle n’a jamais vraiment remis en cause la théorie de l’accident.

Mais des détails étranges attirent son attention lors de son retour en Corse : elle reçoit des messages qui semblent avoir été écrits par sa mère décédée, elle se fait dérober ses papiers dans le coffre-fort de son bungalow au camping, elle ressent le poids de non-dits, revoit des gens qui prétendent ne plus se souvenir d’elle quand Clotilde sait parfaitement que c’est impossible… Le doute s’insinue en elle comme un poison : quelqu’un a saboté la voiture. Qui ? Cervone Spinello, le gérant actuel du camping que Clotilde n’a jamais « senti » ? Un rival de la famille Idrissi ? Un amant de sa mère ?

« Le temps est assassin » alterne deux points de vue : le récit des moments vécus par Clotilde en 2016 lorsqu’elle revient sur les lieux du drame… et des extraits de son journal intime d’adolescente. J’ai trouvé le personnage touchant : une ado qui travaille sa personnalité comme si c’était une œuvre d’art, s’identifiant à l’univers de Tim Burton ; une ado confiant à son journal des analyses aussi pertinentes que piquantes du monde qui l’entoure : la relation entre ses parents, les chamailleries avec son frère aîné, les jeux amoureux des ados qui vivent leurs premiers flirts sérieux, etc.

On perçoit véritablement l’évolution de la maturité de Clotilde entre ces deux époques de sa vie… et pas seulement à travers sa manière de s’exprimer. Son regard sur le monde a changé et Michel Bussi le reflète avec une grande justesse.

Le jeu est classique : c’est celui du « Qui a fait le coup ? » Qui a trafiqué la voiture ? Qui voulait du mal aux Idrissi ? Qui était visé ? Michel Bussi ouvre de nombreuses pistes… y compris celle du paranormal car après tout, Clotilde reçoit des messages dans lesquels elle reconnaît l’écriture de sa mère. Aurait-elle survécu ?

Ajoutez à cela une pointe de romantisme parfois un peu trop poussée à mon goût mais qui contribue aussi à nourrir le vivier de suppositions que l’on se fait en lisant… et vous avez un roman plaisant et agréable à emporter dans la valise… ou à dévorer sans attendre les prochaines vacances !


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8 commentaires sur “Le temps est assassin, Michel Bussi

  • Eveline

    Je suis du même avis que vous d’autant que j’ai été en vacances en août 1983 et 2016 aux mêmes endroits et que le 12 août est ma date de naissance ! Donc frisson assuré durant tout le livre qui m’a tenue en haleine jusqu’au dénouement qui pour moi relève plus du scénario pour film de série TV… La fin se devait d’être une histoire corse mais plus réaliste : les femmes et les enfants sont en général « épargnés »… et ce Herman est venu faire un incroyable coupable déjà par sa nationalité qui semble vouloir faire remonter quelques « vieilles rancœurs historiques » vis à vis des touristes allemands séjournant en Corse dans les années 80… ensuite par beaucoup d’incohérences si on essaye de suivre le fil de l’histoire et en particulier la manière dont l’auteur nous fait participer en direct à son faux assassinat… c’est mal « saucissonné » mais bon je me suis tout de même bien régalée en le lisant car les descriptions sont très bien faire en particulier celles sur les points de vues qui nous font revivre exactement ce que nos yeux peuvent voir sur ces routes et corniches du maquis corse. Merci tout de même à l’auteur pour ce beau moment de détente.

    Répondre à Eveline
    • Allée des Curiosités

      Ce doit être amusant de lire un roman que se déroule dans des endroits que l’on connaît ! Ça donne, je trouve, un écho très personnel à l’intrigue ! Merci d’avoir partagé votre avis sur le livre en tout cas.

      Répondre à Allée
  • simon jules

    J’ai beaucoup aimé ce livre, mais pas la fin. Le vieil allemand qui commet tout ces meurtres pour venger son fils suicidé et sa femme décédée est un tour de passe-passe qui ne passe pas. L’ auteur a t’ il eu peur d’impliquer des corses par peur de nuire à l’île de beauté ? Jusque là, l’histoire corse est crédible, remarquablement bien écrite et palpitante, les personnages authentiques et attachants. Mais que vient faire ce pauvre Herman et son père dans ce monde
    mystérieux des protagonistes de l’histoire. Cette malheureuse conclusion du roman n’a rien à voir avec l’histoire, et la réapparition de la copie de la voiture du drame, 27 années plus tard, est un comble de maladresse de la part de l’auteur. Je considère que Michel Bussi, n’a pas su conclure son histoire corse, en écrivant le mot fin dans un récit allemand.

    Répondre à simon
    • Allée des Curiosités

      Merci pour ton commentaire ! Je me rends compte en te lisant que ça fait partie des livres que j’ai lus pour me vider la tête mais dont je ne garde absolument aucun souvenir sur le long terme :)

      Répondre à Allée
  • Vivi

    Merci beaucoup pour le travail que tu fais ! j’ai découvert ton blog à cause de Game of Thrones, ayant du mal avec certains épisodes ( vu le nombre de personnages différents ) j’ai pu grâce a tes résumés très bien détaillés mieux comprendre les intrigues.
    et je suis tombée sur les critiques de livres. Tes commentaires ressemblant à ce que j’ai ressenti en lisant Musso ( l’instant présent) je me suis attaquée avec enthousiasme à Bussi que je ne connaissais pas du tout. Et je n’ai pas été déçue ! Bonne histoire, lecture aisée, fin non prévisible ( je supporte pas de savoir dès le 2ème chapitre qui est l’assassin ! ). Je vais suivre tes conseils sur d’autres lectures, encore merci !

    Répondre à Vivi
    • Allée des Curiosités

      Hello Vivi, merci pour le petit message ! Je comprends tes difficultés avec Game Of Thrones et c’est même ce qui m’a poussée à commencer les résumés ! Je me suis dit en regardant le début de la série « Je ne vais jamais arriver à tout mémoriser si je ne prends pas de notes » :) Bon, au final, c’est devenu un peu plus que de simples notes !

      Répondre à Allée
  • Ludo

    J’en avais vu une très bonne chronique récemment et la tienne vient rajouter encore un coup de « Tiens, je vais m’y intéresser ! » :)

    Répondre à Ludo
    • Allée des Curiosités

      C’est un auteur parfait pour passer un bon moment de détente :)

      Répondre à Allée
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