The Words : comment vivre en ayant plagié le livre d’un autre ?


The Words – Résumé

Rory Jansen nourrit le rêve de devenir écrivain mais essuie refus sur refus de la part des éditeurs. Alors, lorsqu’il découvre un jour un manuscrit exceptionnel dissimulé dans le revers d’une sacoche, il se retrouve soudain dans une situation où il s’attribue la paternité du texte. Un petit jeu sans conséquence avec la réalité ? Pas vraiment, car le roman attire immédiatement l’attention d’un éditeur, convaincu d’avoir repéré une plume novatrice et talentueuse…

Rory Jansen se retrouve pris dans un engrenage qu’il ne contrôle plus. Son couple pourra-t-il y survivre ? Et surtout, comment vivre avec cette grande imposture sur la conscience ?


RéalisateurBrian Klugman.
Durée du film minutes.
Note – ★★★★☆

The Words, B. Klugman

The Words – Critique

The Words est un film sur le rapport parfois délicat entre réalité et fiction. Une construction astucieuse, des personnages intéressants, des plans filmés intelligemment, il n’en fallait pas plus pour me convaincre !

Lors d’une soirée, le célèbre écrivain Clay Hammond (Dennis Quaid) présente à un parterre d’admirateurs et de journalistes les deux premiers chapitres de son nouveau roman. Celui-ci raconte l’histoire d’une imposture : un plagiat éhonté grâce auquel un jeune auteur s’est fait un nom…

Ce jeune auteur s’appelle Rory Jansen (Bradley Cooper). C’est un homme pétri d’ambition, qui n’aspire qu’à une chose : devenir un grand écrivain et vivre de sa plume. Il n’est pas dénué de talent mais ses textes passent inaperçus dans la masse des jeunes auteurs prometteurs. Il ne semble ni assez bon, ni assez original, n’a pas de relations dans le milieu et personne ne se bouscule au portillon pour éditer son premier roman. Il tente bien de se faire embaucher dans une maison d’éditions pour élargir son réseau mais rien n’y fait.

Un jour, sa femme Dora (Zoe Saldana) lui offre une sacoche ancienne dénichée chez un antiquaire lors de leur lune de miel à Paris. Plus tard, dans un revers du cuir, Rory a la surprise d’y découvrir des pages jaunies et dactylographiées. Elles racontent une histoire si belle et si bouleversante qu’il se sent comme happé par ce texte et, sans réfléchir, se met à le recopier sur son propre ordinateur. Le hasard des circonstances l’amène finalement à faire croire qu’il est l’auteur du récit.

Rory Jansen (Bradley Cooper) et sa femme (Zoe Saldana)
Rory Jansen (Bradley Cooper) et sa femme (Zoe Saldana)

Le problème, vous vous en doutez, c’est que l’auteur du texte original est toujours en vie. « Le Vieil Homme » (Jeremy Irons), c’est ainsi qu’on nous le présente, est profondément heurté par ce plagiat. Mais ce n’est ni parce qu’il rêve d’argent, ni parce qu’il rêve de gloire… c’est surtout parce que Rory Jansen lui a volé un pan de sa vie.

L’intrigue s’inspire en partie d’une anecdote réelle arrivée à une légende de la littérature, Ernest Hemingway : la première de ses 4 femmes – Hadley Richardson – a un jour égaré à la Gare de Lyon, à Paris, une valise contenant des écrits du célèbre auteur, à Paris, une perte qu’Hemingway ne lui a jamais pardonnée.

The Words est un film dont la structure est plutôt complexe en raison des nombreuses mises en abyme qu’il comporte : Clay Hammond lit l’histoire de Rory Jansen qui s’approprie le récit du Vieil Homme qui correspond lui-même à un épisode de sa jeunesse… et le réalisateur sème le doute de telle sorte que l’on se demande parfois ce qui relève de la réalité et ce qui relève de la fiction. Pour apprécier The Words, je crois qu’il faut aimer cette gymnastique intellectuelle et chacun lira sans doute dans le film une morale différente.

L’interprétation est pleine de sensibilité et j’ai trouvé certains plans particulièrement beaux, à l’instar d’une scène de baiser dans une rue pavée. Le film reste assez énigmatique, laissant la place à l’imaginaire du spectateur, ce qui pourra déplaire à certains. Il offre une vision du monde de l’édition qui frôle parfois le cliché mais comme le scénario brouille les pistes entre réalité et fiction, cet « entre-deux » où l’on nous montre un univers mi-réaliste, mi-romanesque ne m’a pas dérangée et j’ai aimé le parti pris presque « philosophique » de l’ensemble.


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