Un fils parfait, Mathieu Menegaux : la vie de famille tourne au cauchemar


Un fils parfait – Résumé

Daphné s’est longtemps tue mais aujourd’hui, elle a décidé de parler… ou plus exactement, d’écrire. Un long courrier adressé à Élise, celle qui était sa belle-mère avant le drame.

Daphné pensait avoir construit une jolie famille, avec son mari Maxime, ses deux filles Claire et Lucie, un travail épanouissant même s’il la contraignait à être souvent en déplacement à l’étranger. Mais une petite phrase, une petite confession glissée du bout des lèvres par sa fille a tout fait voler en éclats…


Auteur.
Taille du livre168 pages.
Note – ★★★★☆

Un fils parfait, Mathieu Menegaux

Un fils parfait – Avis sur le livre

Le livre de Mathieu Menegaux, Un fils parfait, paru en 2017 chez Grasset, vous prend aux tripes sur un sujet terriblement délicat : l’inceste. Il s’inspire d’une histoire vraie et en 168 pages, vous immerge dans tous les états d’âme que peut traverser une mère qui se trouve confrontée à ce genre de situation.

Daphné, pourtant, n’aurait jamais imaginé faire face à une telle atrocité. Elle connaît un bonheur insolent aux côtés de Maxime, 12 ans de vie commune qui ont vu naître deux filles, Claire et Lucie. Son mari l’a même encouragée à reprendre une activité professionnelle après ses deux congés maternité, insistant sur l’importance qu’elle s’épanouisse aussi en tant que femme et pas seulement en tant que mère.

« J’étais jeune, ambitieuse, carriériste et compétitive, enfant d’une génération qui se définit par ce qu’elle fait dans la vie et non par ce qu’elle est ou ce qu’elle croit. Je ne pouvais pas concevoir que la seule « réalisation » de ma vie serait ma famille, mes enfants, non, il fallait que je m’accomplisse professionnellement, que je brille en société, que les autres me regardent avec envie, que je sois cette femme si forte, capable de mener de front une carrière remarquable et une vie personnelle épanouie ».

Bien sûr, il y a quelques ombres au tableau : elle voyage beaucoup avec son travail et culpabilise souvent de ne pas être plus présente auprès de ses filles ; elle trouve Maxime un peu rigide et trop sévère parfois ; elle n’a jamais été très appréciée par sa belle-mère Élise… mais après tout, quelle famille n’a pas à se plaindre de ce genre de petit problème ?

C’est précisément à Élise que Daphné a décidé d’écrire, mue par la volonté de raconter sa version de l’histoire à une belle-mère qui la croit folle, qui reste convaincue que son fils unique Maxime est « Un fils parfait » comme le suggère le titre du roman.

Mais de quelle histoire s’agit-il ? Tout commence innocemment. Claire fait régulièrement des cauchemars et quand sa mère s’en va, lui glisse que « le loup vient quand [elle n’est] pas là ». Daphné met ça sur le compte d’un petit coup de blues enfantin à l’approche d’une nouvelle semaine.

Un fils parfait, Mathieu Menegaux
Un fils parfait, Mathieu Menegaux

Et puis, un jour, pour la première fois depuis longtemps, elle se retrouve seule à la maison avec ses filles, Maxime étant parti voir un match de foot. A l’heure du coucher, Claire est victime d’une crise de larmes incontrôlable et explique à sa maman qu’elle a « promis à Papa de ne rien te dire, jamais, parce que c’est un secret entre nous ».

Aussitôt, Daphné imagine le pire : Maxime la trompe, sa fille l’a surpris avec une maîtresse et il lui a fait jurer le silence. Ou bien il est gravement malade. Mais le pire est encore pire que dans son imagination, puisque Claire finit par lui avouer, avec toute la confiance qu’une petite fille porte à sa maman, que Maxime lui demande des choses atroces :

« Elle s’est redressée pour s’asseoir en tailleur. Elle a repris sa respiration et entrepris de sécher ses larmes. Tout à coup, j’avais presque une adulte en face de moi. Une petite femme, qui m’a dit de sa voix d’enfant ce que nulle mère ne devrait jamais entendre : son père lui demandait certains soirs de lécher son zizi, parce qu’il n’arrivait pas à dormir quand je n’étais pas là. Il lui avait dit que c’était normal, que c’était le rôle des petites filles d’aimer leur papa très fort. Une petite fille qui aime vraiment son papa doit faire ça, quand maman n’est pas là ».

L’esprit de Daphné passe par tous les états : la sidération, l’incapacité totale à assimiler ce que sa fille vient de lui dire, l’incrédulité, la colère, la culpabilité… Que faire face à une telle bombe lâchée dans une chambre d’enfant ?

Claire a souvent raconté des mensonges pour obtenir l’attention de ses parents, s’agit-il d’une énième invention ? Mais en même temps, comment une petite fille peut-elle imaginer une scène pareille ? Aurait-elle surpris un acte sexuel ? Mal interprété quelque chose qu’elle a vu, son imagination prenant des raccourcis ? Et si elle disait vrai ? Aurait-elle pu vivre tant d’années aux côtés d’un monstre sans que rien ne le laisse deviner ?

Daphné se retrouve entraînée dans des dilemmes déchirants qui m’ont empêchée de lâcher le roman Un fils parfait avant d’atteindre la dernière page.

Face à ce type de soupçon d’inceste qui fait voler en éclats l’équilibre d’une famille, tous les coups sont permis : pour déterminer la vérité, pour protéger ses enfants ou sa réputation, pour sauver sa peau…

Le dénouement arrive comme un soulagement, et m’a laissée avec l’envie de dévorer le premier roman de Mathieu Menegaux, Je me suis tue, qui joue paraît-il lui aussi sur des sujets délicats.


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