Chanson douce, Leïla Slimani (Prix Goncourt 2016)


Chanson douce – Résumé

Myriam a laissé de côté ses ambitions et la perspective d’une brillante carrière d’avocate pour élever ses enfants, Mila et Adam.

Ce choix, qui la comblait au départ, finit par lui peser et elle décide, d’un commun accord avec son mari Paul, de partir à la recherche de la nounou parfaite, celle à qui elle osera confier ses enfants.

C’est ainsi que Louise fait son entrée dans leur foyer. Discrète, travailleuse, elle est pleine de créativité pour occuper les enfants et veille aussi à l’entretien de l’appartement familial. Elle est celle grâce à qui l’ordre règne. Jusqu’au jour où Louise commet l’impensable

Vient alors le temps des questions : qui était vraiment Louise ? Comment a-t-elle pu à ce point cacher son jeu ?


Auteur.
Taille du livre240 pages.
Note – ★★★☆☆

Chanson douce, Leïla Slimani

Chanson douce – Critique

Chanson douce, qui a reçu le Prix Goncourt en 2016, n’est pas un livre qui commence comme une délicate berceuse pour aller crescendo vers son dénouement. C’est un roman où dès les premières pages, vous êtes le témoin privilégié d’un drame : deux enfants sont retrouvés morts dans l’appartement familial et à leurs côtés, la nounou a tenté de se suicider.

Ce point de départ est d’autant plus brutal que la nounou en question, Louise, était une employée modèle, de celles que l’on peine même à qualifier d’employée tant elle s’investissait dans son rôle. C’était la nounou dont tous les parents rêvent : à l’écoute des moindres habitudes des enfants, imaginant les jeux les plus inventifs et les histoires les plus fascinantes, ne rechignant jamais à s’adapter aux horaires parfois extensibles de Myriam et Paul…

C’est sans surprise qu’elle a vite trouvé une place centrale au sein du foyer, véritable ciment du couple et de l’équilibre familial.

Forcément, en tant que lecteur, notre curiosité est piquée : comment cette Mary Poppins des temps modernes a-t-elle dissimulé sa folie pendant si longtemps ? Au fil des pages, Leïla Slimani nous raconte dans quelles circonstances Louise a été embauchée au sein de la famille et retrace le parcours de cette femme.

Je me suis vite laissée entraîner par cette histoire qui bondit de péripétie du quotidien en péripétie du quotidien… Par la subtile invasion de Louise au sein de la famille, où elle prend de plus en plus de place et se rend indispensable sans que sa présence ne soit réellement contestée. Ça m’a d’ailleurs rappelé le roman de Delphine de Vigan, D’après une histoire vraie, où une femme s’immiscait là aussi dans la vie d’une autre.

Comment dire à Louise qu’elle occupe trop de place quand elle est en même temps si essentielle à Myriam et Paul ?

Bien sûr, de petits signaux auraient pu alerter les parents, la voisine, que sais-je… mais qui prête attention à des détails semblant insignifiants ? Ce n’est que bien plus tard, bien trop tard, une fois le drame survenu, que l’on regrette de n’y avoir pas accordé plus d’importance.

C’est une histoire qui se lit facilement, dont le rythme ne faiblit pas mais qui m’a déçue. D’abord, on s’étonne que les parents soient si fantomatiques dans l’intrigue. Comment passer du statut de mère au foyer à celui de mère absente sans jamais manifester la moindre trace d’un questionnement ? Comment certains écarts de comportement de Louise ont-ils échappé aux parents, alors que Mila, la petite fille, sait parler ?

Ensuite, on reste seul avec ses questions à la fin de l’histoire. Par choix peut-être, Leïla Slimani ne livre qu’une explication sommaire de la psychologie de Louise qui ne semble pas justifier le drame qui s’est joué dans l’appartement. Est-ce pour nous faire passer le message qu’une tragédie est parfois difficile à analyser et à expliquer ? Je ne sais pas mais le résultat reste frustrant. De même, on ignore tout du destin de Stéphanie, la fille de Louise.

En tournant la dernière page, je reste avec le sentiment d’avoir parcouru un livre divertissant mais sans grande originalité… et surtout, un roman qui me laisse un goût d’inachevé.


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2 commentaires sur “Chanson douce, Leïla Slimani (Prix Goncourt 2016)

  • Ludo

    Ce livre me tente bien ! Mais comme à chaque fois avec les Goncourt, on le vois déjà tellement partout que j’ai l’impression de l’avoir déjà mangé à toutes les sauces ;p

    Répondre à Ludo
    • Allée des Curiosités

      Et comme toujours il y a ceux qui parlent de chef d’oeuvre et ceux qui crient à l’arnaque :)

      Répondre à Allée
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