Jugement à Nuremberg, Stanley Kramer : le procès qui dérange


Jugement à Nuremberg – Résumé

Nuremberg, 1948. Trois ans après la fin de la Seconde Guerre Mondiale, l’heure est à la reconstruction et la plupart des procès des grands dirigeants nazis sont déjà loin. Mais quatre hommes doivent encore faire face à la justice et répondre de leurs actes. Quatre juges, accusés d’avoir ordonné la stérilisation de Juifs ou d’avoir envoyé des milliers d’hommes dans les camps de la mort par leurs décisions.

Cette affaire, personne ne veut la juger. Peu s’y intéressent. Tout le monde aspire à reprendre une vie normale et le contexte de tension lié à la guerre froide ne fait qu’exacerber l’empressement général à « passer à autre chose ». C’est finalement un juge américain à la retraite, Dan Haywood, qui va sortir de sa réserve pour venir conduire ce procès électrique…


RéalisateurStanley Kramer.
Durée du film minutes.
Note – ★★★☆☆
Jugement à Nuremberg, Stanley Kramer

Jugement à Nuremberg – Critique

Jugement à Nuremberg de Stanley Kramer place un homme, Dan Haywood (Spencer Tracy), face à une lourde responsabilité. Celle de juger des hommes censés être parmi les plus vertueux du pays. Un juge n’est-il pas, après tout, le garant par excellence de la séparation entre le Bien et le Mal ? Mais ici, les juges sont sur le banc des accusés.

Selon l’accusation, représentée par Tad Lawson (Richard Widmark), ces juges ont commis des crimes de guerre en suivant les politiques nazies. Selon la défense, incarnée par l’avocat Hans Rolfe (Maximilian Schell), les juges n’ont pas eu le choix car il était impossible de s’opposer au régime d’Hitler.

Haywood va devoir se prononcer mais l’affaire est difficile. Comment admettre l’idée qu’un juge puisse à ce point faillir à son devoir ?

Ensuite, personne ne souhaite parler de ce qu’a traversé l’Allemagne, ce qui n’aide pas le juge à cerner au plus près le contexte de l’affaire. Haywood tente bien d’obtenir des informations de Mme Bertholt (Marlene Dietrich), la veuve d’un ancien officier nazi exécuté pour ses crimes, ou d’autres habitants de Nuremberg.

Mais personne ne veut lui parler et chacun prétend ne pas avoir été au courant des atrocités perpétrées dans les camps de concentration. Certains vont jusqu’à douter qu’elles aient un jour eu lieu.

Jugement à Nuremberg, Stanley Kramer

Le film, entièrement en noir et blanc, nous entraîne tour à tour dans la salle d’audience, dans la demeure où réside le juge Haywood et dans les rares sorties qu’il s’autorise pour se changer les idées.

Le casting réunit les plus grands acteurs de l’époque : outre Spencer Tracy, Burt Lancaster ou encore Marlene Dietrich, on retrouve aussi Montgomery Clift dans le rôle d’une victime de stérilisation abusive ou encore Judy Garland dans celui d’une femme accusée d’avoir couché avec un homme Juif alors qu’elle était allemande.

Si vous aimez les films centrés sur des procès (Douze hommes en colère, etc), vous retrouverez ici toute la mise en scène habituelle d’un procès : banc des accusés, gardes, avocats plus ou moins virulents, témoins et pièces à conviction (le film exploite des images réelles de la libération des camps de concentration)…

On retrouve aussi toutes les dynamiques psychologiques qui rendent ce genre d’affaire si captivante. Ces moments où la tension est à son comble, où l’on se demande qui a tort et qui a raison sans qu’une réponse claire se dessine, où l’on se questionne sur le degré de culpabilité de chacun… jusqu’à ce moment où l’un des accusés, le célèbre juge allemand Ernst Janning (joué par Burt Lancaster), prend la parole pour expliquer ce qui s’est passé.

Jugement à Nuremberg nous met aussi face à une réalité dérangeante : le fait que beaucoup d’Allemands, initialement, étaient ravis de voir Hitler arriver au pouvoir et lui portaient une certaine sympathie car il avait bercé l’Allemagne de paroles rassurantes alors que le pays se trouvait au fond du gouffre sur le plan économique.

Au final, l’affaire que doit juger Haywood revient à se poser cette question : l’obéissance à son pays est-elle plus importante que l’obéissance à la morale ? Doit-on rester patriote même si cela implique de remettre en question certaines de ses valeurs ?

C’est une question qui reste d’actualité plus de 50 ans après la sortie du film.


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