Saint Laurent, Bertrand Bonello : le biopic insolent


Saint Laurent – Résumé

Le biopic Saint Laurent de Bertrand Bonello a choisi de mettre l’accent sur une période très courte de la carrière de Saint Laurent : celle où le jeune couturier, âgé d’une trentaine d’années, est au sommet de sa gloire, entre le milieu des années 60 et le milieu des années 70.

Il vient de présenter sa collection Mondrian et celle inspirée par le pop art. Il est à un tournant de sa vie où il va devenir l’enfant terrible, entre drogue, alcool et sexualité débridée.


RéalisateurBertrand Bonello.
Durée du film minutes.
Note – ★★★☆☆

Saint Laurent, Bertrand Bonello

Saint Laurent – Critique

Le film Saint Laurent de Bertrand Bonello est sorti au cinéma ce 24 septembre et a adopté une approche tellement différente du biopic de Jalil Lespert qu’on peut sans problème voir les deux sans avoir un sentiment de redite.

Le premier film manquait à mes yeux d’un parti pris, ici, le parti pris est puissant : on nous montre Yves Saint Laurent (joué par Gaspard Ulliel) comme un véritable génie créatif, acharné, impliqué, on nous emmène dans les coulisses des ateliers, les préparatifs des défilés. Tout se vit à 100 à l’heure. Les soirées où les médicaments se gobent par dizaines, où le champagne coule à flots, l’ivresse (au sens propre comme figuré) qui gagne le couturier, exacerbant sa sensibilité pour le meilleur et pour le pire.

Saint Laurent, Bertrand Bonello
Saint Laurent, Bertrand Bonello

Pierre Bergé (interprété par Jérémie Renier) y est une figure beaucoup plus effacée qui manque de corps. L’homme qui prend toute la place dans la vie de Saint Laurent, c’est Jacques de Bascher (un rôle dans lequel Louis Garrel excelle). Félin, décomplexé, sensuel, il exerce sur Saint Laurent une véritable fascination.

Dans ce film, tous les boutons sont poussés à fond : nudité, drogue, génie, dépression, relations avec ses muses Loulou (Léa Seydoux) et Betty (Aymeline Valade)… et pourtant, j’ai trouvé qu’au final, il en ressortait une image plus agréable d’Yves Saint Laurent. Parce qu’on comprend qu’un talent pareil s’accompagne forcément d’une immense pression et d’une intense fragilité. C’est cette émotion à fleur de peau qu’il tisse dans chacune de ses créations. A ce propos, les costumes sont vraiment magnifiques.

Oui, bien sûr, il s’assomme à grand renfort de cachets, il s’étourdit en buvant à la bouteille… mais en tant que spectateur, on sait, quelque part, que c’est là le triste destin de beaucoup de génies, si bien que ça ne nuit pas vraiment au personnage. Dans le film de Jalil Lespert, je trouve qu’on retenait surtout le côté coincé et froid du couturier. Ici, on le trouve attachant, séduisant et charismatique. Instable, perturbé, mais génial.

Saint Laurent, Bertrand Bonello

La façon de filmer, elle non plus, ne manque pas de style : Bertrand Bonello n’hésite pas à couper son écran en plusieurs micro-scènes pour nous montrer un défilé sous différents angles, il nous montre un Yves Saint Laurent prenant une chambre d’hôtel dans l’anonymat le plus total puis nous rejoue la scène plus tard sous un autre angle…

En revanche, et c’est un peu la conséquence naturelle des choix scénaristiques, le fil conducteur de l’histoire est beaucoup plus brouillé que dans le premier biopic. Si vous ne connaissez pas un minimum la vie de Saint Laurent avant de voir le film, certains passages peuvent sembler confus. On n’échappe pas non plus à quelques longueurs et au bout de 2h30 de film (tout de même !), le schéma succès – déchéance que l’on connaît hélas trop bien commence à sembler un peu répétitif, d’où ma note.


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2 commentaires sur “Saint Laurent, Bertrand Bonello : le biopic insolent

  • San

    Après avoir lu ta chronique, peut être que je verrais celui de Bonello, mais ayant vu le premier et ayant tout simplement adoré, j’ai peur d’avoir du mal à le regarder. Et Guillaume Gallienne a été une MAGNIFIQUE découverte, pour moi, dans ce film, maintenant je l’aime d’amour, je peux le dire.

    Répondre à San
    • Allée des Curiosités

      Là on est d’accord, Guillaume Gallienne porte littéralement le film… J’ai adoré sa prestation !

      Répondre à Allée
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