Vol au dessus d’un nid de coucou, Milos Forman


Vol au-dessus d’un nid de coucou – Résumé

R.P. McMurphy (Jack Nicholson) est un homme au passé criminel lourd, condamné pour des agressions et un viol. Perturbateur par essence, il se fait passer pour fou et est envoyé dans un service de psychiatrie afin de subir une évaluation de ses facultés mentales.

Un service placé sous la houlette de la très stricte infirmière Ratched (Louise Fletcher), qui a instauré des règles inflexibles, distribue des médicaments avec une rigueur militaire et anime des séances de thérapie de groupe qui ne suscitent guère d’implication de la part des patients.

Mais McMurphy entend bien secouer l’institution pour la faire sortir de sa léthargie et peu à peu, il entraîne avec lui les autres patients…


RéalisateurMilos Forman.
Durée du film minutes.
Note – ★★★☆☆
Vol au dessus d'un nid de coucou, Milos Forman

Vol au dessus d’un nid de coucou – Critique

Vol au-dessus d’un nid de coucou se joue dans le décor passionnant d’un service de psychiatrie. Passionnant, parce que c’est un lieu clos et protégé qui agit comme un révélateur des personnalités et des forces en présence. Passionnant, parce qu’on se demande en permanence ce qu’est la « folie » et ce qu’est la « normalité ». Passionnant, parce que la maladie mentale fait souvent peur : elle est imprévisible et déroutante donc en tant que spectateur, on se dit que tout peut arriver à tout instant.

R.P. McMurphy, dans ce cadre, brille par sa « normalité » : s’il est impertinent et incapable de se plier aux règlements sans négocier, il est aussi plein d’énergie, de spontanéité et de décontraction. A travers son regard, aucun des patients du service ne nous paraît « malade », car McMurphy les traite et leur parle d’homme à homme. Pourquoi ne pourraient-ils pas regarder le baseball à la télévision ? Pourquoi ne pas jouer à des jeux d’argent, miser des cigarettes, disputer un match de basket ou aller passer une journée à l’extérieur ?

L’attitude de McMurphy soulève à elle seule un questionnement sur ce qu’est la thérapie en psychiatrie et le film excelle sur ce sujet.

L’infirmière Ratched, qui ne se départ jamais de son self-control, soigne ses patients en les assommant avec des médicaments, en aseptisant leur cadre de vie et en instaurant un planning immuable : coucher à heure fixe, distribution des comprimés après un petit « jingle » au micro dans le service, interdiction d’accéder aux chambres dans la journée…

McMurphy, qui n’est pourtant pas thérapeute, bouscule au contraire les habitudes avec des résultats qui, au fil des péripéties du film, nous semblent de plus en plus probants.

R.P. McMurphy (Jack Nicholson) et Chef Bromden (Will Sampson)

Les personnages qui évoluent autour de McMurphy ne manquent pas d’intérêt : on peut citer Chef Bromden (Will Sampson), un indien à la carrure impressionnante, qui paraît aussi léthargique que sourd-muet ; Billy (Brad Dourif), un jeune homme bègue au physique juvénile face à qui Ratched paraît castratrice dans toute son autorité ; Harding, qui réprime une homosexualité manifeste.

Quant à l’infirmière Ratched, elle incarne à la perfection la rigueur militaire, avec son uniforme impeccable et son langage châtié. Son nom, en anglais, ressemble au mot « ratchet » qui désigne un « cliquet », un dispositif en bricolage qui permet de bloquer un système dans une position en l’empêchant de revenir en arrière… Un nom qui en dit long sur le personnage.

Ratched agit toujours avec calme et discrétion, semblant convaincue du bien-fondé de ses choix – jusqu’à l’obstination déraisonnable – et agissant ni plus ni moins comme une mère autoritaire qui ne pardonne à ses patients (adultes) aucun écart et ne tolère aucun secret.

En dépit de cette petite troupe captivante, qui ne manque pas de nous arracher des sourires, Vol au-dessus d’un nid de coucou ne m’a pas convaincue à 100% et n’a pas été le coup de cœur que j’attendais de la part d’un film aussi mythique que celui-là. Contrairement à L’éveil de Penny Marshall – qui se joue aussi dans un service de psychiatrie – ou encore Spider de David Cronenberg dont le héros est schizophrène, Vol au-dessus d’un nid de coucou comporte des séquences qui tranchent avec le réalisme de l’ensemble du film.

McMurphy paraît si goguenard que j’ai eu du mal à le trouver attachant. S’il exerce une réelle influence sur les autres patients, il n’en demeure pas moins moqueur et déplaisant.

Ratched, si elle est rigide, n’est pas l’infirmière « monstrueuse » que promettait le résumé du film : elle donne juste l’impression d’exercer son métier avec la maladroite conviction d’être utile aux autres alors qu’elle est dramatiquement inefficace.

La fin m’a aussi énormément déçue et m’a donné l’impression d’être « plaquée » dans l’intrigue sans qu’on mesure vraiment pourquoi ça se termine de cette manière.

J’ai entendu beaucoup de bien du livre de Ken Kesey qui a inspiré le film et j’avoue qu’en regardant Vol au-dessus d’un nid de coucou, je n’ai pas éprouvé l’enthousiasme que j’attendais de cette adaptation.


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2 commentaires sur “Vol au dessus d’un nid de coucou, Milos Forman

  • VALERIE

    UN HYMNE A LA LIBERTÉ !
    Mac Murphy ouvre les portes du possible pour ses compagnons enfermés, encroutés, sclérosés par le système psychiatrique (ah ! la scène de la distribution médicamenteuse en musique classique et le défilé des patients… Irrésistible !) et joug de Miss Ratched.
    La fin est une allégorie de la liberté… l’indien libère « l’esprit » de Mac Murphy (son totem ?) avant de s’enfuir.
    J’ai aimé l’impertinence, la goguenardise, l’irrévérence et souvent la tendresse de Mac…. Et Miss Ratched : Quel rôle ! J’ai adoré

    Répondre à VALERIE
    • Marlène

      J’ai un souvenir assez mitigé de ce film, dont j’attendais beaucoup et qui ne m’a pas autant séduite que prévu… mais c’est le côté subjectif du cinéma sans doute !

      Répondre à Marlène
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